Tchas., 1884: Goll, p. 39 et p
instant chez lui le tempérament l'emporte sur la réflexion et il lui échappe des paroles qui portent plus loin qu'il ne pense et qu’il ne veut. Il dit que l’Église a perdu sa puissance parce qu'elle s’est éloignée de la loi du Christ, qu'il faut faire revivre l'Évangile, peu à peu oublié par le monde et qui seul est la vérité et le salut : « Chers chrétiens, ne vous laissez pas tromper, la vérité est la vérité, et ils n’ont pas contre elle d’Écriture éternelle : s’ils en ont, qu'ils la montrent, je leur répondrai... Et pour Dieu, ne regardez pas au nombre, à ces bandes : car toujours, depuis le commencement, dans le nombre a été la malédiction et dans le petit nombre la bénédiction. Rappelez-vous quelles hordes sont accourues de Misnie et d’ailleurs pour étouffer la loi de Dieu, et toujours notre Dieu tout puissant est intervenu et une poignée de Tchèques a vaincu ces innombrables armées ï. » Admirables paroles, dont la conclusion naturelle n’est guère le respect de l'autorité régulière. — Il dit que les cérémonies et les sacrements ne servent derien sans la transformation intérieure, que les prêtres sont tenus de ramener les coupables au bien, non seulement par des exhortations, mais par l’excommunication, que leur faiblesse et leurs vices sontla plus lourde cause de la corruption générale, qu'il est plus rare de voir un bon prêtre qu'un cerf sur le pont de Prague ?. Est-ce ainsi qu'il prétend rendre plus général et plus profond le respect du sacerdoce? — Il trace des devoirs du chrétien un magnifique tableau ; « la justice juive était : vie pour vie, œil pour œil, dent pour dent; la justice chrétienne est plus pure : elle ne rend pas le mal pour le mal ni l'injure pour l'injure... Dieua commandé de remettre la vengeance entre ses mains; beaucoup d’entre vous se vengent jusqu’à la mort, ordonnent de faire exécuter celui-là, pendre, brûler, écarteler, rouer; n’imitez pas cet exemple. Vous pouvez comprendre par là quel est le véritable chrétien, celui qui aime non seulement