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à leur tour, sans pitié, avec cette injustice souveraine qui foudroie les vanités les plus vénielles comme les crimes les plus graves, cette fougue impitoyable du prêtre pour qui tout ce qui.est humain est souillure '. Nous acceptons sans trop d’étonnement les anathèmes lancés contre la toilette, les jeux de dés, la danse, les bijoux, les bracelets, les souliers rouges, lés manches qui traînent jusqu’à terre; d’autres passages nous paraissent bien étranges et presque odieux, quand, par exemple, il menace de la colère céleste « ces mères, ces pères, qui, par un amour bestial, arrangent leurs enfants, les pomponnent, avec des souliers rouges, des cols. Eh! si une mère, après le baptême, saisissant une épée, coupait la tête à son enfant, elle lui nuirait moins qu’en l’initiant dès sa jeunesse à l’orgueil du monde; elle lui servirait au contraire en l’aidant à monter au ciel. Quel mal a fait Hérode aux enfants qu'il a massacrés, puisque par lui ils ont mérité la palme du martyre! 2»
Il est évident que l’orateur n’est plus complètement maître de lui, que sa foi le domine et l’entraïne : 1l y a dans ce chef de parti un tribun qui essaie en vain de se contenir. Il a l'intention d’être modéré, cherche à ne pas s’écarter de la doctrine orthodoxe : s’il recommande la lecture de l'Évangile, il condamne l’orgueil exclusif de ceux qui repoussent tout autre guide que l’Écriture et il proclame l'autorité des Pères, des Docteurs et de la tradition; il flétrit les mauvais prêtres, mais il proteste contre toute intention de nier l’utilité du sacerdoce; à propos du culte des saints, de la légitimité de la guerre ou de la peine de mort, il repousse de même les solutions extrêmes. « Seigneur bien-aimé, disait-il, donne nous de trouver le milieu ?, » Cette grâce ne lui fut pas accordée : à chaque
1. Par exemple, p. 200, ses conseils à propos du mariage. Il y a là une foule de détails précis qui ne pourraient guère être traduits qu’en latin.— Ailleurs des naïvetés : après une série d’attaques très vives contre les Picards, l’auteur nous dit qu’un des signes auquel on reconnaît qu’ils sont bien un mauvais parti, c'est leur intolérance, sans s’apercevoir que l’argument se retourne contre lui (p. 210.)