‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 22 sur 289 · DÉFAITE DES CATHOLIQUES · texte numérisé non relu

DÉFAITE DES CATHOLIQUES

citaient la nomination de Rokytsana à l’archevêché de Prague, se trouvaient au premier rang des hommes sur la connivence desquels la Curie s'était habituée à compter, Procope de Plzen, Jean de Prjibram, Pierre de Mladénovitse. | |

Un grand courant d'opinion se dessinait; comment Georges n’aurait-il pas cherché à en profiter pour étendre et affermir son autorité? — Il se sentait assez de cœur et de génie pour rendre à la Bohême la tranquillité et la puissance : comment n'aurait-il pas écarté les obstacles qui empêchaient ses facultés de sortir leur plein effet? C'était son droit, et c'était son devoir. L’ambition n’est coupable que lorsqu'elle oublie les intérêts généraux dans des préoccupations égoïstes. Dans ce sens, quel était ici l’ambitieux, d'Ulrich de Rosenberg et des nobles catholiques qui, dans un but personnel, ou même, en acceptant l'hypothèse la plus favorable, dans un parti-pris haineux, entretenaient le désordre et ménageaient soigneusement les éléments de décomposition et de ruine !, ou de Georges qui mettait tous ses soins, toute sa sincérité à fermer l’ère des guerres civiles, à rétablir l’ordre ét à ramener la confiance dans les esprits ? FR

La question ne se posait même pas alors en Bohême pour l'immense majorité de la population. Les Catholiques sentaient le sol manquer sous leurs pas, luttaient avec un acharnement désespéré contre la pression toujours plus forte du peuple qui demandait la paix, l’ordre et la liberté religieuse. Leur confiance dans le succès et leur hauteur avaient fait place au découragement et aux hésitations. Ils ne voyaient plus qu'une chance, trainer les choses en longueur, atteindre ainsi le momient où le fils d'Albert, Ladislas, arriverait

1. Bachmann, toujourssi sévère pour Podiébrad, dans lequel il ne voit qu’un ambitieux qui, sans conviction personnelle, exploite le Hussitisme pour arriver à la royauté, reconnaît cependant qu'Ulrich de Rosenberg est responsable de l'échec de toutes Îles négociations avec Frédéric et que ses intrigues rendaient impossible la constitution d'un gouvernement. Art, Podiébrad, dans l'Allgemeine deutsche Biographie.

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