‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 221 sur 289 · GRÉGOIRE · texte numérisé non relu

GRÉGOIRE

Kounvald : Grégoire ne crut pas possible de les repousser, il leur imposa seulement un temps d’épreuve. Les Vaudois avaient suivi avec un vif intérêt le mouvement religieux tchèque : désireux de mieux connaître les Hussites, ils avaient envoyé en Bohème des missionnaires qui en étaient revenus avec une foi plus vive, moins timide : quelquesuns des plus hardis, décidés à sortir d’une situation indécise et fausse, se joignirent à la communauté nouvelle. En Moravie, un prêtre de Kromiérziz (Kremsier), Étienne, avait réuni autour de lui un petit groupe de fidèles, assez semblable à celui des auditeurs de Rokytsana. Leurs invectives contre l’Église officielle irritèrent le clergé : deux d’entre eux furent mis à mort. Les autres, conduits par Étienne, commencèrent en Moravie et en Bohême un douloureux pèlerinage. Affaiblis par les divisions, chassés de ville en ville, dénoncés, emprisonnés, toujours suspects bien qu’une enquête les eût déclarés purs dé toute hérésie, ils rencontrèrent Grégoire à Klatov en 1460 et se jetèrent dans ses bras '. Le nombre des frères augmentait peu à peu, toujours très faible encore. Un autre disciple de Rokytsana, le prêtre Martin, s'était joint à eux : il s'était établi dans la petite ville de Krtchin, à quelque distance de Kounvald, probablement avec l'autorisation des seigneurs de Ryzmbourk, dont elle relevait. Il avait entraîné avec lui quelques personnes, et Krtchin devint le second centre de l'Unité. Si Michel et Martin étaient les chefs réguliers, Grégoire restait le chef réel, l’apôtre : il parcourait le pays, faisait des prosélytes, jetait les bases de communautés nouvelles, et sa propagande préparait le rapide développement de la nouvelle Eglise.

Son zèle était quelquefois imprudent : comment se comporteraient vis-à-vis les uns des autres ces éléments venus de points si éloignés du monde chrétien? Éviterait-on les divisions et les schismes? Dès les premières années le péril apparut. Les Picards, revenus à leurs erreurs, niaient

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