‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 220 sur 289 · LES PREMIÈRES COMMUNAUTÉS · texte numérisé non relu

LES PREMIÈRES COMMUNAUTÉS

Le séjour de Prague leur devenait odieux : «Ils ne pouvaient y garder leur bonne conscience et compromettaient leur salut avec des gens qui faisaient tout ce qu'ils trouvaient mauvais. » [ls essayèrent, semble-t-il, d'obtenir de Rokytsana qu’il se mit à leur tête, qu'ilse retirât du monde *. L'archevêque appartenait à l'Église militante bien plus qu’à l'Eglise triomphante; la lutte était pour lui un besoin, et sa retraite, à ce moment, eût été une lâcheté. Il refusa de quitter son poste, mais 1l aida du moins ses disciples à exécuter leur projet. Sur la frontière nord-est de la Bohême, dans une région dépeuplée par la guerre, Georges de Podiébrad possédait le domaine de Iamberk (Senftenberg); après la prise de Tabor, quelques prêtres, dont on se défiait, avaient été emprisonnés dans le château de Lititse qui dépendait de cette seigneurie. Sur la prière de Rokytsana, Georges accorda sans peine à ceux qui la lui demandèrent la permission de s’établir dans le bourg de Kounvald qui dépendait du domaine de Jamberk°. Les émigrants partirent sous la conduite de Grégoire, qui resta depuis lors leur véritable chef. Le curé de Iamberk, Michel, vint se fixer au milieu d'eux; ses vertus et sa foi lui méritèrent la confiance entière de ses paroissiens, et il accepta docilement la direction de Grégoire *.

La nouvelle communauté ne se composait que d’une . poignée d'hommes, mais les courses des auditeurs de Rokytsana en Bohême les avaient mis en relations avec beaucoup de personnes que tourmentait la même fièvre religieuse. Les adhésions arrivèrent assez vite, de côtés fort différents : quelques amis de Kheltchitsky, en fort petit nombre, quelques Picards. (On désignait sous ce nom les membres des divers partis extrêmes, en particulier ceux qui niaient la présence réelle.) Sans existence légale, sans chefs, sans credo, ils demandèrent un refuge aux frères de

riGindely,#l'p:138. 2. Nous ne connaissons pas exactement la date de la fondation de cette

colonie; M. Goll pense que c’est en 1457 ou 1458 (Tchas., 1884, p. 44). 3. Id., p. 457-60.

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