‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 234 sur 289 · LES PARTIS DANS L’UNITÉ · texte numérisé non relu

LES PARTIS DANS L’UNITÉ

maître ; 1l fait penser à ces usurpateurs, d’autant plus jaloux de la gloire et de l'indépendance de leur pays que celui-ci, privé de toutes ses libertés, se confond davantage avec eux !. Qu’'aurait pensé Grégoire de son successeur? Auraitil reconnu son œuvre dans l'Unité transformée par lui? N'eût-il pas mieux valu d’autre part, pour la Bohême, que tous les dissidents se ralliassent à la Réforme germanique? Au début du moins, à combattre les rigoristes, Loukach représentait l’avenir et défendait la cause de la raison et du bon sens ?. | La jeunesse de ce néophyte, plus passionné que prudent, le reléguait pour quelque temps au second rang. Dans la lutte qui s'engagea entre les novateurs et le parti d’Amos, le premier rôle appartient à Klénovsky et à Procope. Très spirituel, fort bien en cour jadis auprès de Georges de Podiébrad qui goûtait fort sa bonne humeur et sa verve, Klénovsky, dont le surnom, Paletchek, est encore populaire en Bohême ?, avait eu l’occasion de rendre aux Frères de très réels services. Assez instruit, bien qu'il n’eût pas reçu les ordres, habile à manier les hommes sans se mettre en. avant, il préparait le vote; Procope le décidait. C'était là pour le moment le véritable chef des modérés. Bachelier de l’Université de Prague, grand lecteur des Docteurs et des Pères de l’Église, parmi lesquels Jérôme et Cyprien étaient ses auteurs favoris, Procope était un orateur écouté et un écrivain persuasif. Tout ce qu'il a laissé, dit Blahoslav, mérite d’être lu pour la langue et pour quelque chose

1. Nicolas, qui fut brûlé à Prague en 1526, interrogé sur Loukach, répond que c’est un homme de bien et que Dieu lui a fait la grâce de lui révéler sa loi; « ce qui ne me plaît pas en lui, c'est qu'il ne pense pas bien des autres gens; je ne le juge pas, que Dieu le juge! » Rezek, Académie des sciences de Prague, 1881.

2. Loukach est le seul véritable théologien qu’ait produit l'Unité : après lui, elle subit complètement les influences étrangères. Augusta se rapproche volontairement de Luther, et si Blahoslav cherche à enrayer le mouvement, sa pensée n’est ni assez claire ni assez ferme pour s'arrêter à une doctrine réellement indépendante.

3. Tous les historiens n’admettent pas l'identité de Klénovsky et de Paletchek.

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