LE PETIT-PARTI
resta une grande école de progrès moral et de foi tolérante et large.
Amos ne se résigna pas à sa défaite et il rencontra un auxiliaire dévoué dans un meunier remuant nommé Koubik. Aiïdés par un certain Grégoire de Votitse, qui corrigeait leurs écrits, ils attaquèrent violemment les progressistes, les accusèrent de suivre l'exemple fatal des Taborites et de vouloir « Zizkover ! ». Toutes les tentatives de concilation restèrent inutiles, et ils furent enfin solennellement exclus de l'Unité. Ils avaient entraîné un certain nombre de fidèles, surtout dans les groupes de la Bohême occidentale et plus particulièrement dans les cercles de Klatov (Klattau) et de Prachyn; on les appela le Petit-Parti ou les Amosiles. Amos ne manquait pas de quelques-unes des qualités du chef de secte et il réussit à conserver ses fidèles; mais certaines causes sont perdues d'avance. Le Petit Parti, recruté presque exclusivement dans les classes inférieures, ne se composait que de fanatiques sans instruction et sans idées ; il s'était condamné volontairement à l’immobilité et à la mort. Après avoir repoussé tout changement, il devint la proie de la division, se morcela en sectes nombreuses, et finit par disparaître sans laisser de traces, moins d’un demi-siècle après le schisme ?.
Aucune période de l’histoire des Frères n’est aussi remar- . quable au double point de vue du développement organique et des progrès extérieurs, que celle qui s'étend depuis le synode de Rychnov jusqu’au moment où la Réforme luthérienne commence à se répandre en Bohême. Procope et Loukach fixent d’une facon à peu près définitive, non la croyance qui varia encore souvent depuis, mais la constitution et la discipline. Mathias de Kounvald, un peu discré-
1. Histoire des persécutions, chap. xxu1. Cp., pour ces événements, Jiretchek, Ruk. art : Amos, Koubik et Kalenets, et surtout Goll, Tchasopis 1886, p. 310 et sq.
2. Amos mourut vers 1522. Il fut remplacé dans la capitainerie du Petit- Parti par un coutelier de Prague, Kalenets, qui fut mis au pilori et chassé de la ville. Le Petit-Parti était dès lors en complète dissolution.