RÉORGANISATION DE L'UNITÉ
dité par ses incertitudes et ses brusques variations, mais respecté malgré tout pour la droiture évidente de ses intentions et sa résignation modeste, dut à la sagesse des vain-
queurs de conserver sa dignité épiscopale; mais son rôle
se réduisit désormais à consacrer les candidats à la prêtrise. À sa mort (1500), on nomma quatre évêques que l’on désigne ordinairement sous le nom de Seniores. Loukach fut l’un d’entre eux et il exerça dès lors une influence prépon-
dérante : grâce à lui, les diverses paroisses des Frères furent.
soumises à des règles communes, et il transforma en une véritable unité la confédération jusqu'alors assez flottante. Les différences locales furent condamnées, et le service divin se célébra partout d’après un rite uniforme.
Le culte des premiers Frères, froid et sec, n’était guère fait pour toucher l'imagination ; Loukach le modifia profondément : les cierges, les vases sacrés, les ornements précieux, les chants lui rendirent un peu de la pompe catholique. Plus d'un s’indigna de ce retour à l’idolâtrie; mais Loukach rappela aux mécontents qu'ils étaient tenus d’obéir aux évêques et triompha en somme facilement de toutes les velléités de résistance ". Son autorité était toujours plus respectée; il faisait de Mlada-Boleslav, sa résidence ordinaire, la capitale des Frères; les Calixtins et les Catholiques voyaient en lui, non seulement l'évêque le plus écouté, mais le chef absolu de l'Unité; un de ses adversaires l'appelle l’anti-pape ?.
Cette puissance, Loukach la devait surtout à ses qualités PÉRSONRENES et non à ses fonctions. Un grand changement s’est en effet accompli dès lors dans l’organisation hiérarchique des Frères : à l’origine, presque tout le pouvoir appartenait à l'évêque; il passe désormais au Conseil Étroit 5.
En principe, l'autorité appartient à l'Église entière repré- :
sentée par le « Synode », qui comprend avec les prêtres et