‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 244 sur 289 · PROGRÈS DE L'UNITÉ · texte numérisé non relu

PROGRÈS DE L'UNITÉ

de pusillanimes et de sceptiques qu'’attire le succès, ils firent une réalité de ce qui dans la plupart des autres sectes chrétiennes n’était qu’un souvenir et un idéal. Ce n’est déjà pas une si médiocre originalité que d’agir comme l’on - parle et de pratiquer sa foi. |

La direction nouvelle imprimée à l'Unité avait eu pour résultat presque immédiat de lui amener de très nombreux. adhérents, recrutés dans les classes les plus diverses; beaucoup attendaient pour ainsi dire à la porte, rebutés jusqu'alors par des exigences trop rigoureuses; dès qu’on l’eut entrebâillée, ils s’y précipitèrent, marchands, bourgeois, chevaliers, seigneurs; une secte jusqu'alors sans au- ‘ torité et sans crédit était en train de devenir un parti avec lequel il faudrait compter. Les progrès des Frères nous sont attestés par l'attention que commencent à leur accorder les Catholiques. Jusqu’alors ils étaient demeurés assez indifférents, plutôt satisfaits d’une diversion qui affaiblis- saitles Calixtins ; leur inquiétude s’éveille, leurs polémistes entrent en campagne, le pape Alexandre VI ordonne à l’inquisiteur Henri Institoris de se rendre en Bohême et en: Moravie :, pour y convertir les hérétiques vaudois et brûler leurs livres. Assez peu satisfaits du résultat de leur campagne littéraire ?, les Catholiques s’adressèrent au roi, et le très doux prince se laissa aisément persuader. Désarmé contre les Utraquistes trop forts et protégés par les traités, il n’était pas fâché de donner à l’Église une preuve facile de son dévouement. Les premiers décrets de Vladislas (1500) ne visaient que ceux des Picards qui habitaient sur les domaines de la couronne ou dans les villes royales; son autorité n'allait pas plus loin, et les résolutions de la diète obligeaient seules les seigneurs. Or, si le clergé utraquiste rivalisait de zèle avec les prêtres catholiques, les laïques manifes-

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