INERTIE DE VLADISLAS
Déplorable banqueroute de tant de Joyeuses espérances! voilà où aboutissait cette alliance tchéco-polonaise, objet de tant de rêves de bonheur et degloire.— L'histoire cherche et rappelle les circonstances atténuantes qui diminuent la responsabilité du roi, elle se souvient des tristesses de sa vie, mais ni la pitié ni l’indulgence ne sauvent sa mémoire d’une condamnation sévère. « Par sa bonté, écrivait au jeune roi Louis un seigneur qui Joignait à un profond sentiment des droits de la noblesse une intelligence politique supérieure, un cœur droit et un dévouement sincère à la patrie, par sa bonté le défunt roi a fait beaucoup de mal dans ce royaume !.» La postérité ne saurait relever Vladislas de cette sentence.
Personne dès lors n’attendait plus rien de lui et les reregards se tournaient désormais uniquement vers son jeune fils. Il était l'avenir et l'espérance : je voudrais, lui écrivait Guillaume de Pernstein, que vous apprissiez à régner, à commander, à montrer à tous qu'ils ont un roi?! — Mais
r. Les lettres de Guillaume de Pernstein sont admirables de saine raison, de franchise, de hauteur de sentiment; elles montrent tout ce que des rois intelligents et patriotes auraient pu tirer de la noblesse tchèque, prouvent aussi la gravité du danger. Lorsque Guillaume de Pernstein sent approcher la mort, il écrit à Louis : Je vous ai accepté pour roi, j'ai posé deux doigts sur votre couronne, il est de mon devoir de vous dire la vérité : que se passe-t-il dans leroyaume ? — Rien de bien et de juste. Ne vous abandonnez pas, ne laissez pas ruiner votre héritage. Il n’est que temps : par la négligence et les discordes beaucoup de royaumes ont péri; ce qui se passe maintenant en Bohême n’est que trop semblable à cela. Je ne sais pas comment les choses pourraient aller plus mal dans ce royaume, et les abus ne diminuent pas, mais augmentent. Lettre du 10 dec. 1520, Archives bohémes, I, p. 75. Cp. une autre lettre au roi du 4 oct. (id. p. 74) : Hâtez votre venue, ce royaume en a si grand besoin que plus grand ne saurait être, car il périt hideusement. — Une lettre au seigneur de Brzezenitse (t. II, p. 152) : Si le roi n’écoute pas ces conseils, « il aura peu de joie dans ce royaume et le royaume lui-même périra. Car là où se forment des partis, ayant chacun leur chef, il n’y a ni espoir pour le bien ni amour pour le roi », etc.
2. « Gouvernez fermement; soyez un roi tel que, lorsque vous aurez dit : Je veux, il en soit ainsi; ou : Je ne veux pas, que cela ne soit pas, en sortgeant toujours à la justice. Si vous n’agissez pas ainsi dès votre jeunesse, vous ne serez jamais un véritable roi, mais vous ne serez roi que de nom; d’autres auront la puissance et feront ce qu’ils voudront, et il faudra que vous vous contentiez du titre. — Régnez, ne faites pas de vos sujets vos compagnons. — Soyez bon pour les bons, et pour ceux qui ne se conduisent pas bien, traitez-les comme ils le méritent. »
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