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MORT DE VLADISLAS

politique ce qui n'avait été si longtemps qu’une masse flottante de colères et de rancunes. Un petit fils de Georges de Podiébrad, jeté par le hasard dans le camp des bourgeois, Barthélemy de Münsterberg, avait bientôt révélé de véritables qualités de gouvernement. Sans grands scrupules, entouré d’aventuriers suspects, il avait, à défaut d’une grande valeur morale, uné intelligence ouverte et claire; il avait compris que la force de Zdéniek ne consistait que dans le manque d’entente de ses adversaires et qu'il ne résisterait pas à la coalition des intérêts qu’il avait lésés. Éloquent, avec la verve d’un démagogue et la souplesse d'un courtisan, il séduisit les Praguois, réveilla la jalousie des chevaliers qui surveillaient avec quelque défiance les projets politiques et religieux de Rozmital, et groupa autour de lui les nombreux seigneurs qu’inquiétaient les visées du chef de l'aristocratie.

Barthélemy de Münsterberg ne pouvait rien sans l’appui du roi, il travaillait à lui ouvrir les yeux sur ses véritables intérêts, lui montrait le grand rôle qu’il lui réservait et la force que trouverait la monarchie dans une alliance avec les éléments modérés et pacifiques. Vladislas était déjà convaincu; le difficile n’était pas d'obtenir son adhésion, mais de la transformer en collaboration durable et active. Barthélemy n’y avait pas encore réussi quand il se noya en traversant le Danube (1515). Ses vastes projets furent abandonnés ; cependant son intervention ne fut pas complètement inutile, et, depuis ce moment, Lev et les seigneurs qui le soutenaient eurent à compter avec une opposition plus compacte et plus hardie.

Vladislas mourut l’année suivante (1516), avant ‘d’avoir pris un parti. Ses incertitudes se retrouvèrent jusque dans son testament. Il donna pour tuteur à son fils un cousin de Barthélemy, Charles de Münsterberg, petit fils comme lui de Podiébrad.—Charles rêvait la succession de Barthélemy, dont 1l n’avait malheureusement ni l'audace ni la perspicacité, et il était lié avec les villes par un traité d'alliance et de subsides. — Mais, par une de ces contradictions dont

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ilétait coutumier, Vladislas lui avait donné pour co-régents, pendant la minorité de Louis, un catholique et ün oligarque convaincu, Chihovsky de Riesenbérg, et le grand burgrave lui-même, le principal fauteur du désordre, l'ennemi implacable des villes, le contempteur du pouvoir royal; Lév de Rozmital. Pas plus qu'entre les partis intérieurs, Vladislas n'avait osé choisir entre les alliances étrangères, et il avait confié la haute tutelle et en quelque sorte recommandé son fils à la fois à SiRsone de Pologne et à Maximilien d'Autriche.

On eût cherché de propos délibéré à organiser le gâchis qu'il eût été impossible de mieux faire: Non seulement il. était plus que probable que le roi de Pologne et l'Empereur ne songeraient qu’à exploiter à leur profit l'autorité qu’on leur confiait, mais leur jalousie paralysait léur action: les divers partis politiques ou religieux rivalisèrent d'efforts . pour les gagner à leur cause, s’abritèrent sous leurs décisions quand elles leur étaient favorables, passèrent outre. quand elles leur déplaisaient. Maximilien et Sigismond avaient trop d’affaires sur les bras pour s'occuper avec beaucoup de suite de la Bohême; l'anarchie ne leur déplaisait: pas, elle leur livrerait un jour le royaume qu’ils convoitaient également; Lev favorisait les catholiques, ils n’avaient aucune raison sérieuse de le contrecarrer : 1ls sé contentèrent d’une reconnaissance platonique de leurs droits, n’intervinrent qu’à de rares occasions, et toute l'influence appar= tint en réalité à Zdéniek.

Il multipliait les déclarations patriotiques, assez adroit pour que beaucoup d’honnêtes gens se prissent encore à ses parolés, et, sûr de l’impunité grâce à la rivalité de l’'Empereur et de Sigismond, attisait le désordre pour augmenter sa fortune. En vain, quelques nobles, plus clairvoyants, dénoncçaient-ils ses intrigues et insistaient-ils sur la nécessité d’un changement complèt de politique : Chers seigneurs, écrivait le vieux Guillaume de Pernstein, pensez à, ce royaume; si les trois Ordres ne se réunissent pas, si le. droit n’est pas observé, il n’y aura plus'ni sécurité ni-sta-

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