‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 254 sur 289 · RÉGENCE DE LEV · texte numérisé non relu

RÉGENCE DE LEV

bilité; nous aurons un droit, et ce sera comme si nous n’en avions pas; quelle constitution nous protégera ? Que la volonté de Dieu soit faite! Ni les païens ni les chrétiens n'ont pu ruiner ce royaume; le ruinerons-nous de nos propres mains? Notre jeune roi le perdra-t-1l par notre faute ? Quelle honte pour nous! Quelle infamie s’attachera à nos mémoires ! ! — La plupart haussaient les épaules en entendant les objurgations du vieillard. Les plus honnêtes écoutaient tristement ; que signifiaient les discours? Quelle confiance après tout méritait Pernstein? N'était-il pas lui aussi entiché de tous les préjugés de sa caste et n’avait-il pas appuyé la plupart des revendications des Seigneurs contre les villes ?

Les assemblées cependant ne résistent guère à certains appels, ét leur majorité se prononcçait souvent contre Lev; mais sa puissance était si solidement établie qu’elle défiait toutes les attaques. Lorsque les diètes étaient mal disposées, il traînait les débats en longueur, lassait la patience de ses adversaires et restait maître du terrain. S'il ne parvenait pas à empêcher les votes hostiles, il en était quitte pour ne pas en tenir compte. Plusieurs années s'écoulèrent avant que les États obtinssent des régents le relevé des dettes royales. En 1517, on finit par supprimer la régence et on confia le gouvernement aux grands fonctionnaires : mince avantage, Lev ne régna plus comine tuteur, mais comme grand burgrave. Les dilapidations ne diminuèrent pas. Rozmital avait gagné à sa cause Pierre de Rosenberg qui, par ses immenses richesses, son nom, la gloire de sa famille, exerçait sur la noblesse une énorme influence; plus sûr que jamais de son pouvoir, il se livra sans frein à tous les caprices de son égoïsme et de sa fantaisie.

. Lassés d'attendre de la royauté un secours toujours refusé, les’ bourgeois ne prirent conseil que de leur désespoir. Depuis l’émeute de 1483, Prague formait au milieu du royaume une petite république démocratique. Non

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