‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 26 sur 289 · LADISLAS ROI DE BOHÈME · texte numérisé non relu

LADISLAS ROI DE BOHÈME

élevé peu à peu au rang d'administrateur général reconnu

par le royaume tout entier; il avait écrasé toutes les résis-

tances, courbé tous les partis sous sa loi. Il avait donné à la Bohême une administration et enlevé ainsi à ses adversaires. la plus belle carte de leur jeu, l'anarchie.

La diète, en confiant à Georges le pouvoir suprême, l'avait

chargé d’une double mission : rétablir la sécurité et l’ordre

dans le pays et défendre les Compactats '. C'était tout un programme de gouvernement, et Georges ne s’en écarta jamais. Depuis son avènement jusqu’à sa mort, il a sans cesse devant l'esprit ces demandes des États, qui résument bien en effet les vœux de l'immense majorité de la nation : la paix et la liberté religieuse. Jamais contrat n’a été tenu avec plus de loyauté, et la reconnaissance du peuple a été la juste récompense du prince qui l'avait si fidèlement servi. Pour le moment, le meilleur moyen d'assurer l’ordre public, c'était de faire reconnaître roi le fils d'Albert, Ladislas, en lui imposant des conditions de nature à satisfaire les Utraquistes. Un roi catholique qui observerait les Compactats, un souverain qui joindrait aux droits de la naissance ceux qu’il tiendrait du vote de la diète, un Allemand, un Habsbourg, qui gouvernerait sous la direction d’un défenseur éprouvé de la race tchèque, comment rêver un meilleur prince! Il serait la preuve matérielle, vivante, de la

réconciliation générale, une garantie pour tous les intérêts,

un lien qui rattacherait les diverses provinces de la monarchie, maintenant en pleine dissolution. Podiébrad montra à ce moment, comme il le montra à la fin de sa vie, quand il n’hésita pas à offrir la couronne de Bohême au roi de

Pologne, que, s’il était ambitieux, son ambition était assez

t. Les pouvoirs donnés par la diète, le 27 mars 1452, à Geurges et à son conseil ne différaient guère des pouvoirs royaux. Ils devaient noïfimer aux charges et aux tribunaux, administrer les revenus de toute nature qui appartenaient à la couronne, veiller à l’ordre et à la sécurité et disposer pour cela des forces publiques. Les pouvoirs de l'administrateur devaient durer

deux ans et lui soumettaient toutes les classes et tous les habitants du.

royaume. Tomek, VI, p. 223:

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