‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 27 sur 289 · PODIÉBRAD ET LADISLAS LE POSTHUME · texte numérisé non relu

PODIÉBRAD ET LADISLAS LE POSTHUME

haute pour s'inspirer avant tout des intérêts de la patrie. Il se servit très avantageusement des circonstances difficiles que traversait alors Frédéric pour l’amener enfin à remettre son pupille aux Tchèques, et Ladislas fut proclamé roi par les États, dès qu'il eut accepté les conditions qu'ils lui avaient imposées et qui devaient rendre impossible toute tentative de réaction (1453).

Mais que valaient alors des promesses, siexplicites qu'elles fussent! Le souvenir des règnes néfastes de Sigismond et d'Albert était dans toutes les mémoires. Le désintéressement de Georges n'allait pas jusqu’à l’imprudence; il fit confirmer par Ladislas, puis proroger ses pouvoirs d’administrateur. Une abdication complète aurait été funeste et coupable ; il eût été absurde et criminel de laisser remettre en question l’œuvre silaborieusement accomplie et compromettre la pacification encore mal assurée : l'intérêt même de Ladislas exigeait que l’on protégeât cet enfant contre lui-même, ses passions et ses préjugés; il arrivait très prévenu contre les Utraquistes et les Tchèques, et si on l'avait abandonné à lui-même, ses imprudences auraient bien vite abouti à une révolte. Il serait ridicule d’ailleurs d'exiger de Georges un loyalisme, qui depuis longtemps n'existait plus en Bohême : il s’attacha très sincèrement au jeune prince, tous les faits semblent le démontrer, mais comient cette affection nouvelle aurait-elle remplacé chez lui la passion qui avait toujours rempli son âme, l'amour de la patrie! Il avait vu dans la proclamation de Ladislas le moyen le plus sûr de mettre fin aux compétitions des partis, d'étendre sa propre autorité en la légitimant, et de se placer ainsi dans les conditions les plus.favorables pour travailler au bien public. Par politique, par raison, par devoir envers la nation, il s'était incliné devant un roi qui ralliait tous les suffrages, et il travailla loyalement à préparer en lui à la Bohème un monarque intelligent et juste. Mais, ce qui le préoccupait surtout, c'était l'avenir du royaume, et il eût été singulier qu'il oubliât ce but supérieur pour une vaine apparence de générosité, Dans certains cas le renon-

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