‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 265 sur 289 · VICTORIN DE VCHEHRD 4OI · texte numérisé non relu

VICTORIN DE VCHEHRD 4OI

fère enrichir un pauvre plutôt que de risquer d’être dédaigné et méprisé par un riche auquel j’apporterais de tardifs cadeaux. » N'est-ce pas ainsi qu'ont agi les Romains eux-mêmes? Ont-ils abandonné le latin pour le grec? N'’estce pas l'exemple que nous donnent les Italiens? Jésus a parlé aux Hébreux la langue qu’ils comprenaient : « J’aurais pu sans doute écrire le latin tout aussi bien que d’autres ; mais je me souviens que je suis tchèque, je veux apprendre le latin, mais parler et écrire en tchèque » ".

Et Vchehrd n’est pas isolé. Son patriotisme fait école, sa préface à la traduction de saint Jean Chrysostome est une sorte de manifeste que les écrivains postérieurs reprennent, commentent, développent. Mathias de Myto traduit sur la demande de Ladislas de Vartenberg la Lumière des Apothicaires, « pour enrichir, ennoblir et développer la langue tchèque, car elle n’est ni si pauvre ni si rude que le croient quelques-uns » ?. C’est une pensée semblable qui, pendant la même période, soutient dans leur ingrat labeur de traduction Konatch, Ulrich Vélensky, Jean Tcheska, Grégoire Hrouby de Jelen *, bien d’autres encore. C’est dans le même but que eh des de Pisek, un des plus remarquables humanistes de l’époque et trop tôt enlevé aux lettres, traduit le discours d’Isocrate à Démonique. « J’ai voulu voir, dit-il dans sa belle préface dédiée à Hrouby, si la langue tchèque est assez riche pour pouvoir, sans emprunter le jargon allemand, sans mélange de latin, exprimer ce qu'ont dit les Grecs. Et j'ai reconnu que, sans parler de l’allemand avec lequel je n'ai rien à faire, non seulement elle n’a pas besoin du latin, mais qu’elle le dépasse même en quelque mesure. Elle se prête mieux à

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