COUP D'ÉTAT DE
son cousin surtout, le margrave Georges de Brandebourg, avait eu sur lui une désastreuse influence. Sa femme, Marie, sœur de Charles Quint et de Ferdinand I‘, était une femme de tête et de courage; un peu plus âgée que son mari, la fière Espagnole avait de Maximilien la fermeté et la souplesse et s'indignait de la subordination dans laquelle on les maintenait, mais elle aussi était encore fort jeune et inexpérimentée. Entourés d’intrigues, ils avaient appris de bonne heure la dissimulation, mais ils croyaient qu’elle remplace la prudence; chez eux, les plus hautes conceptions gardaïient encore quelque chose de puéril; la politique n’était qu’une de leurs distractions; lâchés à la poursuite des plaisirs, ils jouissaient à Prague de leur liberté nouvelle sans se demander si leur frivolité ne blessait pas les ascétiques exigences des disciples de Hus ou si l’étalage des coutumes étrangères ne froissait pas la nation. À force de maladresses, ils réussirent à rendre à Lev une heure de popularité.
Louis eut du moins le mérite de comprendre le crédit que possédait encore la royauté. Au mois de janvier 1523, il convoqua une diète générale et 1l invita par lettres personnelles les chevaliers et les seigneurs à y paraître; elle fut très nombreuse : c'était bien cette fois la représentation du pays légal, et non, comme pendant les dernières années, un comité des partisans de Lev. L’on s’apercut aussitôt de ce que valaient les règlements et les restrictions entassés par les Seigneurs. La diète rendit au roi par acclamation une partie de ses châteaux et la plupart de ses revenus, abolit les récentes ordonnances contraires à la souveraineté royale, reconnut au prince le droit de trancher les questions qui divisaient les différents Ordres, suspendit la constitution et chargea une commission d’en élaborer une nouvelle. Le roi demanda la démission des anciens fonctionnaires et les remplaca par les principaux chefs du parti royal".
Il avait suffi du souffle d’un enfant pour renverser le
1. Sur les événements de la fin du règne de Louis, V. les Anciennes Chroniques Bohêmes, p. 454 et sq.; Bartoch, p. 17 et sq.; Palatsky, V, 2; Rézek, Ferdinand I.