‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 33 sur 289 · LES CALIXTINS ET.LA PAPAUTÉ Î · texte numérisé non relu

LES CALIXTINS ET.LA PAPAUTÉ Î

de continuer longtemps sans résultat ; les deux parties restaient en présence, sans vouloir et presque sans pouvoir rien céder de leurs conditions. | La diplomatie romaine cependant est fort ingénieuse à concilier ses intérêts et les principes : elle sait qu'il ne convient pas de brusquer les choses et qu’un mouvement d'impatience a été suivi plus d’une fois de longs regrets. IT y avait parmi les prélats des convaincus et des enthousiastes, aux yeux desquels tout pacte avec l’hérésie était une impiété et comme une apostasie, et il leur revient une grande part de responsabilité dans la rupture dernière; mais ilne manquait pas non plus d’esprits plus calmes et plus souples qui avaient une idée plus exacte de la réalité et n'étaient pas éloignés d’en tenir compte. Les papes eux-mêmes, Eugène IV (1431-1447), Nicolas V (1447-1455), Calixte III (1455-58), bien qu’assez mal disposés en somme, n'avaient après tout de parti pris absolu que sur un point : obtenir la soumission des Tchèques; sur le meilleur moyen d'y arriver, ils ne repoussaient pas la discussion, se demandaient par moments si le parti le plus sûr n'était pas encore de l'acheter par quelques promesses. Ils ne s’arrêtèrent pas à cette pensée, revinrent à leurs premières et inflexibles résolutions, se rangèrent définitivement du côté des fanatiques, mais après diverses oscillations, moins par suite d’une conviction impérieuse que sous la pression des circonstances. A l’origine, leursintentions n'étaient pas aussi arrêtées qu'on le suppose d'ordinaire ; une entente n'était donc pas absolument impossible, mais seulement très peu probable et très difhcile; elle exigeait non seulement beaucoup de bonne volonté réciproque, mais une extrême habileté, une grande constance et un concours presque extraordinaire de chances favorables. Comme l'événement le prouva, le moindre hasard pouvait tout compromettre et une fausse démarche détruire toute espérance de paix.

. Les difficultés croissantes avec le Concile de Bâle avaient détourné quelque peu l'attention d'Eugène des affaires de Bohême, — paru aussi devoir adoucir ses dispositions, Une

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