‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 36 sur 289 · Q4 NICOLAS V · texte numérisé non relu

Q4 NICOLAS V

pris part au traité d’'Iihlava, elle déclinait toute res RON SE bilité dans les actes du Concile.

Au point de vue de lhabileté diplomatique, on éprouve une sorte d'admiration pour ce revirement, qui, d’un seul

coup, enlevait aux hérétiques tous les avantages si pénible-

ment conquis. Peut-être cependant la Curie aurait-elle hé-

sité davantage à prendre cette offensive hardie, si elle en:

avait aperçu plus clairement les périls. En modifiant ainsi radicalement les relations des deux partis, elle rendait une entente très problématique. Le danger de s'engager à fond, c'est qu’il est à peu près impossible ensuite de revenir en arrière : la papauté se fermait toute retraite, se condamnait presque à persister dans ses exigences, et elle allait se heurter à l’invincible conviction d’un peuple qui préférait tous les malheurs à l’apostasie. Ce fut une fatalité que le nouveau pape, Nicolas V, savant, éloquent, un des premiers représentants de la Renaissance sur le trône de saint Pierre, eût été personnellement mêlé aux négociations qui avaient précédé le traité d’Tihlava ".'Tl en avait rapporté une certaine

rancune contre des sectaires qu'il n’avait pas convaincus,

et l’excusait à ses propres yeux par le devoir de ne pas laisser péricliter entre ses mains le pouvoir pontifical. De plus ses souvenirs personnels le trompaient, lui cachaient la véritable situation. Il se croyait toujours à l'heure où les Calixtins, divisés, épuisés, semblaient ne chercher qu’un moyen honorable de couvrir leur reculade. Il s’imagina qu'il nv avait plus qu’à recueillir les fruits des efforts précédents et

en quelque sorte à proclamer la victoire : 1l ne se douta pas.

qu'il rouvrait les hostilités.

Les Tchèques, en face des propositions qu'on osait leur présenter, se cabrèrent : s’il le fallait, plutôt que de trahir

là vérité, ils se sépareraient de l'Eglise, « recourraient à

r. V. Pastor, Histoire des papes depuis la fin du moyen âge, traduction

française, t. Il, 1888. Le livre de Pastor, fort remarquable et écrit sur des. sources nouvelles, ne doit être cependant consulté qu'avec beaucoup de pru-

dence. L'auteur est un très ardent catholique et son livre est un dithyrambe en l'honneur de la papauté.

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