‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 43 sur 289 · CALIXTE. III · texte numérisé non relu

CALIXTE. III

dernier n’était plus qu’une question de ménagements et de

temps !. On n'avait pas encore pourtant dépassé les prélimi-

naires et il s'écoula de longs mois avant que les négociations s'engageassent à fond. Elles ne reprirentune certaine activité qu'après la mort de Nicolas V et l'élection du nouveau pape, Calixte III (1455).

Calixte ITT, d'une grande douceur de caractère, très sim-

ple, peu enclin aux mesures de rigueur, désirait vivement voir aboutir la croisade contre les Turcs et savait gré à Georges de sa bonne volonté à la fois sincère et retentissante. [l fut sans doute confirmé dans ses dispositions conciliantes par Sylvius que Frédéric III lui avait envoyé comme ambassadeur. Æneas resta dès lors auprès de lui, devint un de ses conseillers les plus influents, et fut bientôt nommé cardinal. [l rapportait d'Allemagne une conviction et une crainte : la conviction, c'était que, tout entiers à leurs rivalités et à leurs ambitions, les princes de l'Empire étaient absolument indifférents aux intérêts généraux de la chétienté et qu'on ne tirerait d’eux aucun secours. Frédéric avait trop d’affaires sur les bras et son ambition était à la fois trop inquiète et trop passive pour qu'il fût raisonnable d'en attendre une résolution héroïque. Un seul homme avait assez de puissance, de hauteur de sentiment et d'imagination pour s’armer contre les Turcs, c'était Podiébrad. — De plus, bien que l'opposition religieuse parût raincue en Allemagne, le feu couvait sous la cendre; Sylvius le savait : on ne trouverait dans ces populations qu’un appui assez tiède contre l’hérésie, et il était fort imprudent de leur donner l'exemple d’une révolte peut-être victorieuse. A tous les points de vue, le plus sage était donc d'éviter une rupture avec les Hussites. Non pas qu'il fallût rien céder des droits de l’Église, mais il n’était pas nécessaire d'afficher trop haut ses prétentions. Il est toujours pénible de confesser son erreur et de revenir en arrière : pourquoi ne pas adou-

1. Voir par exemple la lettre de l'évêque de Cracovie à Capistran, le 16 août 14354.

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