‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 44 sur 289 · ESPÉRANCES DE RÉCONCILIATION · texte numérisé non relu

ESPÉRANCES DE RÉCONCILIATION

cir aux Tchèques l'amertume du repentir? Que risquait-on à leur aplanir la route? Avait-on tellement à se louer de la

raideur dans laquelle on s'était renfermé jusqu'alors? En

réalité, l’on était moins avancé des au lendemain du traité d'Iihlava. Pourquoi? — Parce qu'on avait voulu aller trop vite. Aujourd'hui les Utraquistes étaient sur leurs gardes : si on persistait dans la même voie, on n'arriverait à rien qu’à une insurrection. Mieux valait patienter, attendre l'occasion; pourquoi même ne tolèrerait-on pas le calice, au moins pendant quelque temps? En somme, il n'était pas

. condamné par l’Ecriture. Les Fchèques en retour n’exige-

raient plus la nomination de Rokytsana à l’archevêché de Prague ; on ménagerait l’amour-propre du candidat évincé, on le comblerait d’honneurs, on l’appellerait à Rome comme cardinal, et on choisirait un archevèque bohème, mais bon catholique, qui peu à peu rétablirait la doctrine orthodoxe; l’apaisement se produirait, les traditions d’indépendance s'effaceraient, et un prétexte surgirait bien alors de supprimer la communion sous les deux espèces que personne ne songerait plus à défendre ï.

Ce no bien concu et où se reconnait la main d’un des plus subtils diplomates de l’époque, était-il réalisable ? Les États tchèques se seraient-ils séparés de Rokytsana? — Ils désiraient sa nomination moins encore à cause du respect qu'il inspirait au parti tout entier, ou pour récompenser justement les services qu’il avait rendus, que parce qu'ils

devinaient qu'avec la cour de Rome, un traité, des promesses, ne sufhisaient pas : ils avaient besoin de garanties, et

la meilleure de toutes, n’était-ce pas la présence à la tête de l'Eglise d’un utraquiste convaincu? Mais après tout, ce n'était la chez eux qu'un instinct irréfléchi, et ils eussent

1. Sylvius avait son candidat à l'archevêché de Prague, Pro:ope de Rabens-

tein : Æneæ epistolæ, 240, 247, 259. — Le mérite d’avoir signalé ce projet

qui avait échappé à l'attention de Palatsky appartient à Voigt, Op. cit. p.414. Cp. Pi secundi orationes, éd. Mansi, I, p. 352. — Il me semble que Voigt n'a pas attaché à ce dessein toute l'importance qu'il mérite. Les léttres de Sylvius montrent que, pendant plusieurs années, il poursuit son rêve de con-

ciliation.

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