‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 65 sur 289 · O8 LES CATHOLIQUES PRENNENT L'OFFENSIVE · texte numérisé non relu

O8 LES CATHOLIQUES PRENNENT L'OFFENSIVE

bonne foi, répondit aux menaces par des lettres fort humbles : il n’était pas responsable des délais dont se plaignait la Curie; le retard de l'ambassade était purement fortuit, elle allait se mettre en route. Comment cette timidité, cet effarement visible, ces effusions d’obéissance n’auraient-ils pas confirmé le pape dans son opinion qu’un peu d'énergie emporterait les derniers scrupules du souverain hussite et: ne l’auraient-ils pas engagé à persévérer dans ses exigences?

La fortune lui fournit bientôt après une occasion qu'il ne laissa pas échapper. Les projets de Podiébrad sur l'Allemagne avaient complètement échoué, et si, comme la suite des événements le prouva, cet échec n’avait aucune gravité, il créait du moins pour l'instant au candidat malheureux divers embarras. Georges, comprenant que la cour de Rome voudrait en tirer parti, essaya de détourner l'orage par quelques démonstrations, frappant ceux de ses sujets qui s’éloignaient trop ouvertement de l’Église, sévissant contre une nouvelle secte, depuis célèbre, les Frères de Kheltchitsky. Ces mesurés de détail ne suffisaient pas aux Catholiques, les excitaient plutôt. Ils crurent le moment favorable pour frapper un coup d'éclat. Tandis que Pie IT, toujours plus mécontent, envoyait en Bohême le frère minorite Gabriel de Vérone, pour y poursuivre les Wicléfistes et les Hussites et forcer ainsi Georges à prendre ouvertement parti ', les Catholiques tchèques résolurent de provoquer une explication par une offensive hardie ?. L'évêque de Breslau, Jost de Rosenberg, prêcha publiquement contre la communion utraquiste au château de Prague (jeudi saint, 2 avril 1461).

La confiance des Calixtins dans Georges était si naturelle que pendant longtemps ils ne s'étaient pas trop émus de ce qu'il v avait de louche et de flottant dans ses démarches. Il est difficile de supposer que les principaux d’entre eux

1. 20 mars 1461; G. Voigt, Enea Silvio de Piccolomini, IL, p. 456. Cp. la lettre du chargé d'affaires de Georges à Rome, dans laquelle il l’avertit de la gravité de la situation. (Fontes rer. Austriacarum, XX, n° 238, 5 avril 1461.)

2. I[ me paraît en effet difficile de supposer qu'ils aient réellement espéré convertir les Utraquistes.

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