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PODIÉBRAD ET PAUL If jt
du Saint-Siège en une question européenne, en éclairant les autres souverains sur la portée d’une lutte où il s’agit bien moins du dogme que de la dignité et de l'indépendance du pouvoir laïque. Dans cette pensée, il demande que ses démélés avec le pape soient jugés non par un tribunal pontifical, mais par une conférence internationale qui prononcera entre les deux parties.
Il s’est fait à cette heure en Europe une sorte de silence, à la suite du tumulte et des agitations précédentes. Les guerres qui-ont désolé la Prusse, la Pologne, l'Allemagne, l'Italie, sont finies ou sur le point de finir. On dirait une sorte de recueillement avant la crise que l’on prévoit et que l’on pressent terrible. À ce moment, la situation de Georges est sensiblement meilleure que lors de la rupture avec Pie IT : il a très habilement déplacé les débats, réussi par le tour nouveau imprimé à la discussion à sortir de la position d'isolement où le condamnait sa fidélité au calice. Bien qu’à la suite des dernières secousses les préjugés religieux eussent été quelque peu ébranlés et que les légats pontificaux aient eu grand’peine dans la suite à réunir quelques milliers de croisés contre les Hussites, l’accusation d’hérésie était toujours fort dangereuse : Georges finissait presque par faire oublier qu’il était le chef d’une secte qui, sur quelques points essentiels, se séparait de l'Église; il appelait auprès de lui Grégoire Heimbourg dont la vie entière n’avait été qu’une protestation contre les prétentions pontificales et que le duc de Saxe lui avait recommandé comme l’homme le plus capable de défendre sa prérogative royale (1466) r. Il se plaçait ainsi sur le terrain du droit constitutionnel européen. La ‘question du calice disparaissait devant une autre, bien plus favorable : les souverains ac-
1. Grégoire Heimbourg est certainement un personnage intéressant et il serait tout à fait injuste de le confondre aVec les diplomates aventuriers de cette époque, mais on exagère quelque peu son importance et l'on en trace un portrait par trop éclatant. Prétendre que Georges l'appelle, parce qu'il n'y avait personne en Bohéme que l’on pût lui comparer, c’est dénaturer les taits. Seulement, les Tchèques auraient été suspects d’hérésie, Grégvire ne représentait que la résistance dans les limites de la foi.