É LES SUCCES DÉ PODIÉBRAD
cordaient-ils au pape le droit de disposer des couronnes et de déposer un roi?
Les manifestes de Heimbourg et les manœuvres de Podiébrad n'étaient pas sans effet. A plusieurs reprises, l'Empereur, le duc de Bavière, les princes saxons étaient intervenus, avaient pressé le pape de consentir à la réunion de cette conférence internationale, à l'examen de laquelle le roi s’engageait à soumettre sa conduite. A la diète de Nuremberg (nov. 1406), malgré toutes les protestations du légat, l’ennemi personnel de Georges, Fantin de Valle, les princes allemands décidaient d'envoyer une ambassade à Paul II, pour lui représenterles inconvénientsd’une rupture ouverte, le devoir, en présence du péril turc, de ne pas diviser les forces chrétiennes. Les objurgations réitérées de la Curie échouaient devant l'inertie de Casimir de Pologne, qui refusait la couronne de Bohème. Louis XI accueillait avec distinction les ambassadeurs tchèques et montrait les meilleures dispositions pour Georges, au grand dépit de ses conseillers ecclésiastiques '. Ces succès bien réels expliquent la confiance du roi, qui était à la vérité assez optimiste. «Tout va bien, grâce à Dieu, écrivait-il à son fils Victorin ?,» Ses ennemis en étaient réduits à compter sur un miracle. «Pourquoi, s’écriait Carvajal, tout mesurer suivant la raison humaine? Ne devons-nous laisser aucune part à Dieu dans les choses importantes? Si nous ne sommes aidés ni par l'Empereur, ni par la Hongrie, ni par la Pologne, eh bien, j'en réponds, le seigneur nous aidera et frappera la tête impie. Faisons notre devoir, il fera le reste *. »
1. En 1464, était arrivée en France une grande ambassade tchèque à la téte de laquelle se trouvaient Marini et Albert Kotska de Postoupitse. Un secrétaire de l'ambassade, laroslav, nous a laissé un journal curieux dé cette mission. Elle aboutit à un traité d'alliance, assez vague d'ailleurs, mais qui était tout ce que pouvait espérer Georges. En 1467, lorsqu'il s'occupe de la réunion d'un concile, il envoie à Louis un ambassadeur pour resserrer et: préciser l'alliance : cet envoyé est reçu par le roi le 20 avril 1467, et Louis XI lui fait un accueil bienveillant. — M. Kalousek a publié le journal de Ja-: roslav dans le tome VII de l’Archiv tchesky, p. 427-4435.