‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 84 sur 289 · APAISEMENT DES ESPRITS · texte numérisé non relu

APAISEMENT DES ESPRITS

retrouvé un peu d'activité et d'animation, bien que l’intolérance des calixtins en eût bientôt éloigné de nouveau les catholiques ". TA AT

Une des suites les plus fâcheuses de l’hérésie avait été de séparer la Bohême du reste du monde, et cela au moment même où le souftle de la Renaissance fécondait les esprits et où fermentait une civilisation nouvelle. Les Tchèques fuyaient les universités étrangères où ils étaient suspects et mal vus; les relations intellectuelles avec les autres contrées étaient difficiles et rares; ils s’enfermaient dans un isolement farouche, s’absorbaient dans des discussions théologiques, et leur activité s’épuisait dans des luttes dogmatiques, quelquefois sans grand intérêt. Malgré ces entraves et bien que l’époque ne soit certainement pas riche en œuvres supérieures, l'influence du gouvernement de Georges se manifestait jusque dans la littérature. La théologie perdait du terrain : un certain effort se marquait pour se dégager des travaux trop exclusifs où s'était si longtemps épuisée toute l’énergie cérébrale des Tchèques. Quelques catholiques rapportaient de leurs voyages ou de leur séjour en Italie le goût de l'antiquité et le propageaient autour d'eux. Æneas Sylvius, qui avait été le précurseur de l’humanisme en Bohème, était resté jusqu’à sa mort en correspondance avec quelques-uns des érudits tchèques les plus distingués, entre autres Procope de Rabenstein. A l'Université, maître Grégoire de Prague expliquait et commentait Virgile, et parmi ses auditeurs se trouvaient deux hommes, destinés à une célébrité fort inégale, mais remarquables l’un et l’autre par la largeur de leurs idées et l'étendue

1. De 1420 à 1430, pendant dix ans, il n'y a pas une seule promotion de bacheliers; de 1430 à 1435, sept bacheliers en tout. Presque tous les biens de l’Université avaient été usurpés ou engagés. Les facultés de droit, de théologie et de médecine avaient presque complètement disparu. Sous le gouvernement de Podiébrad, il y a quelque amélioration, malheureusement bientôt arrêtée par les querelles religieuses. Les catholiques de l'Universite curent plus d’un tort; là aussi; Georges paraît s'être efforcé de tenir la balance égale entre les deux partis et de s'opposer aux mesures intolérantes. Geta “ lui fut pas toujôurs possible: (Tomek, Gesch Prager Univ., p. 124 et sq: ++:

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