‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 85 sur 289 · MOUVEMENT INTELLECTUEL · texte numérisé non relu

MOUVEMENT INTELLECTUEL

de leurs connaissances, Victor Cornelius et Jean Chlekhta de Vchehrd. Le mouvement était encore très restreint, assez indifférent, pour ne pas dire plus, au grand public; les belles-lettres, la littérature proprement dite étaient même tout à fait misérables : mais il faut se garder d’en conclure à un affaiblissement de la puissance créatrice tchèque pendant cette période et à la décadence intellectuelle de la nation.

Tous les moments ne sont pas favorables à l’éclosion des

‘grandes œuvres littéraires. Les productions de premier or-

dre, celles qui charment les générations futures par leur beauté sublime et sereine, demandent pour naître le calme et la paix; pour que les doctrines se résument dans une de ces théories définitives qui provoquent et fixent l’attention, il faut qu’elles soient sûres du lendemain et n'aient pas à lutter pour l'existence; l’histoire n’est possible que quand le combat est terminé et les haines éteintes. Le caractère distinctif de l’époque de Georges, c’est d’être une époque militante. Elle n’a ni poètes, ni historiens : elle a

des orateurs, des pamphlétaires, des satiristes.

Le xve siècle en général n’est pas une époque de création définitive, mais de préparation. Partout la lutte pour se dégager de traditions surannées, le besoin de pensées et de formes nouvelles. Tandis que les humanistes se mettaient à l’école de l’antiquité, demandaient aux Grecs et aux Ro: mains le secret de la beauté esthétique, les Tchèques se li= vraient à l'examen de quelques-uns des problèmes philoso= phiques ou politiques qui, sous une formule ou sous une autre, n’ont cessé de s'imposer aux âmes. Quel que soit lé drapeau qu'ils suivent, utraquistes comme Rokytsana et Venceslas Koranda, mystiques comme Kheltchitsky, ultra= montains comme PaulZidek et Hilaire, politiques tels que Jean de Rabensteif ét Guillaume de Rabi, ils mettent à la recherche de la vérité une passion sincère et une raison hardie. Qu'ils écrivent eh latin ou en tchèque, — ce qui devient un usage toujours plus fréquent, — ils représentent avec une singulière audace et une curieuse précision les s0=

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