LA NATIONALITÉ SLAVE
«commencement et origine du royaume grec, fils du grand Dieu Jupiter et seigneur des états qui se trouvent sous le soleil et la lune, vainqueur des Perses et des habitants du royaume mède, maître du monde de l'occident à lorient et du septentrion au midi. » — Comme les Slaves ont toujours servi fidèlement Alexandre et ont vaillamment combattu, librement et pour toujours il leur donne tous les pays depuis le nord jusqu'aux frontières de l'Italie et au midi; personne autre ne peut y habiter qu’en acceptant la domination des Slaves. La pièce a tous les aspects d’un document officiel, avec la date, le nom des témoins, et elle fut certainement tenue pour authentique par une grande partie des lecteurs. — Sous l’action de cette propagande, le patriotisme s’exalte et il est certainement plus vif alors en Bohême qu’en Allemagne ou en Hongrie. Après la mort de Ladislas, les Praguois crient qu'ils ne veulent pas d’autre prince qu’un Tchèque, et lorsque Georges est élu, beaucoup éclatent en sanglots, remercient Dieu de les avoir délivrés des monarques étrangers.
Un des traits les plus marqués de la race slave, une de ses faiblesses, c’est sa faculté d’oubli, son impuissance des. longues rancunes; quelques années de paix suffirent pour apaiser ces haines, et les Tchèques n’eurent plus d’aversion pour l'Allemagne, dès qu’elle ne les menaca plus. Ils n’entendaient pas pourtant perdre le terrain qu'ils avaient lentement conquis, ou plutôt le mouvement slave avait été si profond que, même après que la tempête s’est apaisée, 1l se prolonge, enlevant peu à peu les dernières digues, brisant les dernières résistances, sans poussée violente, presque sans effort. Non seulement les lois sanctionnent le triomphe politique et administratif des Tchèques, mais surtout leurs progrès sociaux sont décisifs ; déjà un certain nombre de seigneurs ne connaissent plus guère que le slave; Jost de Rosenberg ne parle l’allemand qu'assez mal; le gouverneur de la Moravie, un juriste éminent, Tsibor de Tsimbourg, ne sait pas le latin; Georges de Podiébrad ne sait ni le latin ni l'allemand. La part du tchèque dans les documents offi-