‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 87 sur 289 · L'ESPRIT D'EXAMEN · texte numérisé non relu

L'ESPRIT D'EXAMEN

perfection que ce n'était certainement pas le coup d'essai des ouvriers bohêmes. Les imprimeries se multiplièrent très vite, mais tel était le besoin de lumière et d’instruction qui s'était emparé des âmes qu’elles ne suffirent pas à éditer le nornbre de livres nécessaires et que beaucoup d’ouvrages tchèques durent être publiés en Allemagne ou en Italie. C’est qu'aucun autre peuple de l'Europe peut-être, à ce moment, n'est pris d’une pareille soif de lecture et de savoir ; nulle part la vie intellectuelle et morale n’est aussi intense, les écoles aussi nombreuses et aussi bien organisées. Le goût de la discussion et de l'étude pénètre les diverses classes de la population, la noblesse comme le peuple; le nombre des lecteurs est considérable, et dans les plus illustres familles le culte des lettres et la coutume de la spéculation religieuse entretiennent de génération en génération des habitudes graves, sérieuses et dignes. La Bohême tout entière en reçoit peu à peu une physionomie particulière ; le caractère et comme l'allure de la nation la distinguent en traits plus nets des nations voisines; elle se marque de l'empreinte hussite, si profondément différenciée que toutes les tentatives de fusion avec d’autres peuples échoueront misérablement.

A mesure que leur personnalité morale s'accentuc ainsi, les Tchèques, injuriés au dehors, persécutés, se replient sur eux-mêmes et s’attachent d’un amour plus vif à la patrie menacée. C’est sans doute le moment du plus sérieux eflort qui ait jamais ététenté par les Slaves de Bohême pourreprendre aux étrangers le terrain perdu jadis et assurer aux nationaux la domination politique exclusive, celui aussi où la prépondérance de l'élément indigène a été le plus clairement évidente. Un des griefs principaux contre Sigismond et Albert avait été leur origine germanique : on avait l'instinct du péril auquel les luttes religieuses exposaient la nationalité tchèque et de la nécessité d’une vigilance toujours active Plusieurs ouvrages sont publiés pour raviver la haine contre l'Allemagne, —le vieux Dalimil dont la chronique est un pamphlet nationaliste, un prétendu privilège d'Alexandre,

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