‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 93 sur 289 · L'OPPOSITION FÉODALE · texte numérisé non relu

L'OPPOSITION FÉODALE

nir des biens sur lesquels ses prétentions étaient peu justifiées par les anciennes coutumes, de refuser aux seigneurs, malgré la tradition, la tutelle des orphelins riches, leurs parents; ils y tenaient fort, car, suivant les usages tchèques, si le pupille venait à mourir, l'héritage appartenait au tuteur. Ce système, appliqué assez âprement et suivi avec beaucoup de constance !, permit à Georges de réunir en quelques années des possessions considérables. Son autorité s'était accrue en raison directe de ses richesses, et il pensa qu'il était assez solidement assis sur son trône pour fonder une dynastie et briguer la couronne pour son fils. La logique des circonstances l’y poussait, et son patriotisme l'y exhortait. L'histoire nous apprend à quelles destinées sont réservées les républiques oligarchiques, et les souvenirs du dernier interrègne étaient trop récents pour que la majorité de la nation ne redoutàt pas de voir se rouvrir l'ère des discordes civiles et des compétitions au trône.

Il n’en est pas moins vrai que les Seigneurs étaient fort mécontents et avaient quelque raison de l'être. En consentant à l'élection de Georges, ils n'avaient certes pas cru se donner un maître. Cet homme qui prétendait les traiter comme des sujets, qu'était-il, sinon l’un des leurs? Ce pouvoir, dont il abusait, de qui l’avait-il recu, sinon de leur choix? Ils l’auraient volontiers flétri comme un renégat de la noblesse, et ses prétentions leur paraissaient odieuses et ridicules. De bonne heure, ils s’essayèrent à l'opposition, d’abord timidement, avec plus de résolution quand les relations avec la papauté se tendirent. En 1461, quelques seigneurs avaient refusé de suivre le roi dans une expédition qu'il avait annoncée, et le bruit courait en Allemagne qu’une insurrection était imminente en Bohême ?. Ces projets n’aboutirent pas : Georges était très populaire, très énergique, et on ne se risquait pas volontiers contre lui. Bientôt les nouvelles de Rome rendirent quelque espérance aux enne-

1. Ainsi s'expliquent les accusations d’avidité et d'avarice. 2. Bachmann, Reichsgesch., p. 05 et 08.

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