‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 92 sur 289 · PROGRÈS DE L'AUTORITÉ ROYALE · texte numérisé non relu

PROGRÈS DE L'AUTORITÉ ROYALE

sent sur eux ». Georges de Podiébrad, dont les ancêtres ne comptaient pas parmi les familles les plus influentes et les plus riches du pays, était lié à la plupart des grandes maisons par des liens de parenté très étroits, et ces alliances ne lui furent pas inutiles pour arriver au pouvoir: Après la mort de Ladislas, il ne trouva aucune opposition du côté des seigneurs. Furent-ils décidés par des promesses spéciales? C’est possible. Mais en principe, pourquoi auraïent-ils été contraires à l'élévation au trône d’un des leurs? Quel meil-

leur moyen d’assurer leurs usurpations? C'était le dernier

mot de la révolution féodale et son couronnement.

Ils avaient compté sans leur hôte. Georges avait un trop vif sentiment de ses devoirs de roi pour laisser péricliter entre sés mains l’autorité qui lui avait été confiée. Il s’appuya sur les Chevaliers et les villes et écarta de plus en plus

les Seigneurs. Pour rendre quelque crédit à la royauté, il re-.

courut aux seuls moyens possibles alors, les mêmes précisé-

ment qu'employa au siècle suivant le restaurateur du pou-

voir central, le frère de Charles-Quint, Ferdinand I®. Il choisit en général parmi la petite noblesse ses conseillers, nationaux ou étrangers, étendit les attributions du.Conseil aulique et du Tribunal de la cour, qui relevaient exclusivement du souverain, au détriment du Conseil et du Tribunal du pays qui ne dépendaient que de la diète et où les Seigneurs étaient en majorité; surtout il s’efforça de reconstituer le domaine de la couronne. Tandis, en effet, qu'il fallait un vote des États pour lever un impôt public ou assembler l’armée nationale, le roi était seul maître des revenus des propriétés royales et les administrait à sa guise. Dans une société que dominaient encore les idées et les habitudes du moyen âge, les ordres du souverain n'avaient quelque chance d’être écoutés, que s’il était d’abord le plus grand seigneur, c'est-à-dire le plus riche propriétaire du pays. Après les dilapidations du dernier demi-siècle, la tâche de reconstruction n'était pas aisée; il s'y employa fort activement, peutêtre avec une hâte un peu impatiente. Il alla à plusieurs reprises jusqu'à la limite de son droit : il lui arriva de rete-

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