‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 95 sur 289 · PR ERREURS · texte numérisé non relu

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ZDÉNIEK DE STERNBERG 135

Il est permis de le penser. Quoi qu'il en soit, Georges préféra à la conquête violente de la province une invasion en détail, une prise de possession lente, étendit ses domaines, occupa à peu près toute la Silésie supérieure et occidentale, enserrant la capitale dans un réseau de châteaux-forts, avec l'espoir que cela lui donnerait à réfléchir et la dégoûterait de ses projets belliqueux. En même temps, en Bohême, toute tentative d’insubordination était impitoyablement réprimée. Sur ce point le roi était inflexible, bien résolu à maintenir ses droits et à briser toutes les résistances. Le pape, toujours à l'affût de tout ce qui pouvait affaiblir le monarque hérétique, encourageait les révoltes et prenait les rebelles sous sa protection, sans souci de leur valeur morale ou de la justice de leur cause. Mais le roi était 1c1 sur un terrain solide et bravait fièrement les menaces.

La terrible peste qui ravagea la Bohême de 1463 à 1464, fut une nouvelle source de conflits entre le roi et les nobles. Les morts nombreuses avaient éveillé bien des convoitises; les seigneurs réclamaient certains domaines : le roi se les adjugea; la tutelle de riches héritiers : il la retint. De tous ces seigneurs, aucun n’était plus avide que Zdéniek de Sternberg, et aucun ne fut plus irrité des refus du roi, parce qu'il le regardait comme son obligé et son débiteur. L'union entre eux avait été longtemps intime : en 1458, Zdéniek avait été le premier à s’agenouiller devant Georges en lui donnant le titre de roi, et son exemple avait entraîné l'assemblée. Pendant longtemps il suffisait que Georges prétendit qu'une chose était blanche, et c'était de la neige, qu'elle était notre, et c'était un corbeau. On pouvait prévoir que cette cordialité ne serait pas éternelle. Très jaloux de ses privilèges, possesseur de biens immenses et toujours hanté du désir de les arrondir, Zdéniek représentait, en effet, en face de. l’idée nationale, l’idée féodale. II était catholique, mais plus ambitieux que fanatique, et la religion ne fut pour lui qu’un moyen et un prétexte. Son influence, son audace et ses richesses en faisaient le chef naturel des mécontents.

Au printemps de 1465, une certaine agitation se mani-

festa dans le pays. Quelques seigneurs catholiques tenaient des conciliabules, parlaient de leurs droits menacés, des libertés du royaume violées. D'abord très peu nombreux, — ils n'étaient encore que cinq lorsque pour la première fois ils exposèrent leurs griefs à la diète (Prague, 1465), — ils étaient seize à la fin de l’année. Ils n’entraînèrent pas tous les Seigneurs, ni même toutes les familles catholiques, mais ils se trouvèrent assez puissants pour former une ligue qui se donna pour mission de défendre les privilèges du pays contre les usurpations royales {28 novembre): ce fut l'Union de Zéléna-Hora (Grünberg) '. C'était un symptôme grave et une complication redoutable! Le point d'appui que le pape avait vainement cherché dans les États voisins, il le trouvait maintenant en Bohème. Les Ligueurs eurent grand soin, il est vrai, de séparer leur cause de celle de Paul II, de n'inscrire sur leur drapeau que le mot : libertés publiques. [ls conservaient ainsi l'espoir d'entraîner les Seigneurs calixtins, évitaient surtout, ce qu’ils redoutaient fort, la défection et peut-être l’insurrection de leurs propres sujets utraquistes; puis, en conservant une attitude indépendante de Rome, ils comptaient se faire payer plus cher leur alliance. En somme, cette distinction importait peu. Il était fatal que, dans un temps plus ou moins rapproché, l'accord se fit entre tous les ennemis de Podiébrad; les mécontents politiques iraient se perdre dans le gros des troupes catholiques.

L'intérêtévident du roi était detraiter avecsesadversaires. Aucun sacrifice n'aurait dû lui paraître trop dur pour étouffer dans son gertne üne révolte qui, si on ne la coupait pas dans sa racine, allait se répandre rapidement et mettre en péril l'existence même de la monarchie. Seulement il ne suffit pas qu’une entente soit désirable, il faut encore qu'elle soit possible ?. Était-ce le cas ici? Quelles étaient les visées

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