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2. C’est là un point essentiel sur lequel je me sépare de Markgraff, qui a publié un travail fort remarquable sur la Ligue de Zéléna-Hora (Sybel's histor. Zeitschrift, XXXVIIT). Il croit que Georges aurait pu désarmer les. Ligueurs et que son afübition compromit tout en ne voulant rien céder. La conduite des Seigneurs et en particulier celle de Zdéniek me semble prou= ver qu'il aurait été impüssible de trouver üh terrain d’entente:
de Zdéniek et de quel prix aurait-il fallu acheter sa soumission? Il est fort difficile de répondre avec précision à cette question, et justement, semble-t-il, parce qu'il ne voulait pas la paix et était décidé à aller jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à la chute de Georges. Comme les griefs qu'il avançait n'étaient en général que des prétextes, les satisfactions qu'on lui offrait étaient toujours insuffisantes. S'il ne précipita pas les hostilités, ce fut uniquement parce qu’il ne jugeait pas le moment propice, voulait fortifier son parti, attendait que ses propres manœuvres et les tentations et les menaces du pape eussent produit leur plein effet. Lés libertés et les droits du pays pour la défense desquels il prétendait s’armer, lui étaient absolument indifférents. On le vit bien lorsqu’aux dernières propositions de Georges, il répondit en demandant que les privilèges du royaume fussent confirmés par l'Empereur, parce que, disait-il, le roi de Bohême est le vassal de l'Empereur romain '. Emporté par la haine et la cupidité, il se rendait coupable de la plus honteuse trahison envers son pays dont il livrait l'indépendance en reconnaissant la suzeraineté impériale, contre laquelle les Tchèques n'avaient jamais cessé de protester. La seule excuse que l’on puisse invoquer en sa faveur, c'est une sorte d'inconscience, mais cette inconscience prouve à quel point légoïsme avait étouffé chez cet homme tout sentiment national et combien il était impossible de trouver en lui quelque fibre généreuse et loyale. Quelles concessions auraient sufh à le désarmer!
Sans doute, tous les Seigneurs n'avaient pas la même absence de scrupules ni la même indépendance de cœur. Parmi les signataires de l'Union de Zéléna-Hora, plusieurs ne se firent que très lentement à la pensée d’une révolte ouverte, et leurs hésitations continrent assez longtemps l’impatience des autres. Le groupe qui s’obstinait aux négociations, avait pour principaux chefs les évêques d'Olomouts et de Breslau. Jost de Rosenberg avait longtemps eru qu'il
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finirait par ramener Georges à la foi romaine; il ne se décidait pas à renoncer à ses illusions, et son cœur brûlant de patriotisme se serrait à l’idée des catastrophes et des ruines qu'entrainerait la rupture. « Il est à craindre, écrivait-il à la reine Jeanne dans une lettre très curieuse, que si nous ne nous soumettons pas au pape, la parole de l'Écriture ne se réalise : tout royaume divisé contre lui-même périra. Et les étrangers nous railleraient, seraient heureux de nous écraser et partageraient notre pays, ce dont Dieu nous garde !! » Jusqu'à la dernière heure, il resta incertain, l'âme déchirée, et à plusieurs reprises sa tiédeur et ses doutes lui attirèrent les amers reproches des bourgeois de Breslau et des légats qui l’accusaient de préférer la Bohême àal’Église 2.
Beaucoup de catholiques tchèques partageaient ces tristes=
s; la plupart d’ailleurs protestaient contre les théories ultramontaines et l’ingérence du pape dans les affaires intérieures du royaume. « Je suis un fidèle catholique, —écrivait au légat à Breslau le protonotaire et référendaire apostolique, Jean de Rabenstein,— soumis comme il convient à la Sainte Église et au Saint-Siège... Mais je n’entends pas que les choses laïques et spirituelles soient confondues, et je veux que chacune des deux puissances reste dans son domaine, sans franchir ses limites et sans nuire à l’autre. » * L’évêque Tas de Boskovitse exprimait les mêmes idées +; il resta sou-