‹ Fin de l'indépendance bohêmeChapitre 104 sur 239 · FRERES ET LUTHÉRIENS 25 I · texte numérisé non relu

FRERES ET LUTHÉRIENS 25 I

me semblait être à Éphèse^à Thessalonique ou au milieu de quelque autre des Églises fondées par les premiers apôtres. » — Comme leur action serait plus efficace s'ils renonçaient aux particularités qui scandalisent les autres fidèles! Le devoir n'ordonne-t-il pas aux disciples du Sauveur de sacrifier leurs répugnances, quand le salut du monde dépend de leur bonne volonté et de leur condescendance?

La majorité des Frères ne se résigna jamais, cependant, à l'abdication dernière que l'on exigeait d'eux. Ils se répandaient en protestations, déclaraient sur tous les tons qu'ils ne demandaient que la concorde, faisaient l'éloge sans restriaionsde la confession d'Augsbourg, affirmaient que leurs évêques ne se séparaient sur aucun point essentiel des théologiens de Wittenberg; puis, au dernier moment, quand on les pressait de passer des paroles aux actes, ils se dérobaient; ces mêmes hommes, si larges en principe, se butaient à des obstacles insignifiants. Les tentatives de fusion, sans cesse reprises pendant tout un siècle, échouèrent toujours. En Pologne, comme en Bohême, il y eut des coalitions momentanées, jamais d'entente durable et intime. Pas plus à l'époque d'Augusta qu'après sa mort, ce que Ton pourrait appeler le parti politique ne réussit à conquérir la majorité dans l'Unité. Les considérations les plus graves demeurèrent toujours vaines devant la résistance instinctive des fidèles. Au moment de l'avènement de Maximilien, les Frères s'étaient émus des bruits qui couraient sur les intentions de l'Empereur, et le synode de 1 565 discuta longuement la Confession d'Augsbourg et l'attitude qu'il conviendrait de prendre si on voulait la leur imposer : l'Assemblée rappela les rapports amicaux qu'elle avait entretenus avec Luther et affirma chaleureusement sa sympathie pour les Réformés allemands, mais elle refusa d'adopter leur catéchisme. En 1571, le docteur Crato publia une brochure dans laquelle il invitait tous les dissidents à se rallier à la Confession d'Augsbourg; sa position près de l'Empereur et l'influence qu'il avait sur lui donnaient à sa dissertation un caractère semi-officiel; c'était comme une

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