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2. Vers cette époque se place une phrase curieuse de Maximilien. Un des membres du parti avancé rencontre Crato et lui annonce^ tout heureux, les bonnes nouvelles qu'ils ont du Palais : Je le sais, répond Crato, car après le départ des Etats, j*étais auprès de TEmpereur et il m*a dit : Comment pourrais-je leur refuser, puisque je suis de la môme religion, (cum ego sim ejusdem religionis), (p. 464). — De quelle religion, aurait-on pu demander ? Dans tous les cas, la foi de Maximilien n'était certainement pas la foi vivante dont parlaient les Frères.
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pour le remercier et quinze Défenseurs furent élus pour assurer la liberté du culte protestant '. Quelques jours après, Rodolphe était reconnu roi de Bohême. Les États ne songèrent même pas à faire modifier le serment du sacre : Rodolphe prit à témoin la Vierge et les Saints, ce que n'avait pas fait Maxîmilten, et reçut solennellement la communion en présence des Catholiques *.
Les derniers jours de la session furent occupés par Vexpédition de diverses affaires. Les Seigneurs votèrent une série de mesures destinées à augmenter leur influence sur le gouvernement ou à étendre leur domination sur leurs paysans. Les capitulations imposées à Rodolphe étaient déjà plus rigoureuses que celles qu'avait consenties Ferdinand pour Maximilien. D'autres décrets garantirent l'indépendance des tribunaux, interdirent aux étrangers le droit d'acquérir des propriétés foncières dans le royaume tant qu'ils n'avaient pas été naturalisés, réservèrent aux Tchèques exclusivement les charges de capitaine-général de la Silésie et de la Lusace, la principauté d'Opava, etc. Les dénonciations des serfs contre leurs seigneurs devinrent plus difficiles. Il fut interdit aux bourgeois sous peine d'amende de prendre à leur service les serfs qui ne leur présenteraient pas des lettres de congé régulières, et de recevoir ou de cacher l'argent ou les objets précieux qui leur seraient confiés par des paysans ^. Ces derniers articles lésaient les intérêts des communes ; comme on redoutait leur opposition, on ne les avait pas consultées. Les Praguois, très mé-
1. La déclaration purement orale de Maximilien se bornait en somme à une vague promesse de tolérance et à l'autorisation d'élire un certain nombre de défenseurs pour les choses de la foi, (p. 239); elle constatait en même temps les engagements qui liaient le roi vis-à-vis des Catholiques et maintenait implicitement le Consistoire.
2. Il est possible cependant que Ton eût supprimé dans la cérémonie du sacre la question traditionnelle : Veux-tu être le patron et le défenseur des Saintes-Églises et de leurs ministres? (p. 265), et le correspondant du duc de Bavière n'est pas absolument satisfait. Que de détails encore cependant qui auraient dû choquer et inquiéter les États !
3. Les décrets politiques de la diète de 1575 ont été publiés, dans les Diètes bohèmes, de la page 269 à la p. 3oo.
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contents, demandèrent que TafiFaire fût renvoyée à la prochaine session: les nobles passèrent outre '. Vis-à-vis des bourgeois comme des paysans ou du souverain, ils n'avaient rien abdiqué de leur orgueil ; les leçons du passé étaient lettre mone pour eux *.
Ils se consolaient par ces menus profits de leur déception réelle. A la nouvelle de l'entente des États et du roi, la joie avait été générale à Prague, l'ère des persécutions était close, un siècle nouveau naissait. En réalité, qu'y avait-il de changé? Quelques discours, quelques effusions; et puis? Jusqu'alors les Protestants n'avaient pas été en général persécutés, mais ils étaient hors la loi, toujours menacés, soumis nominalement à un Consistoire dont ils répudiaient les croyances, sans gouvernement régulier et sans discipline. Aucune des obscurités de la situation n'avait été écanée, aucun des périls, éloigné. — Le nonce du pape manifestant quelques inquiétudes, Maximilien le rassura : il voulait seulement laisser se développer et mûrir les choses telles qu'elles avaient été préparées par son père: le moment venu, il prendrait les mesures convenables ; il espérait que le séjour de Rodolphe en Bohême serait favorable au Catholicisme et ramènerait à la vraie religion beaucoup de dissidents. — Quelle que fût la sincérité de l'Empereur quand il parlait ainsi, il n'en disait pas moins la vérité. Et le pape ne fut pas trop exigeant, le félicita, lui représenta seulement que les hérétiques donnaient une autre version de ses paroles ; il serait peut-être à propos de démentir des rumeurs qui augmentaient leur audace; très adroitement, il attira son attention sur le mauvais effet que produisaient ces racontars en Pologne. Le souverain le calma : trop de hâte serait une imprudence, mieux valait laisser s'épuiser les passions en paroles, bientôt il ré-