‹ Fin de l'indépendance bohêmeChapitre 133 sur 239 · Sur la diète de i6o3, v. Paul Skala, I, p. 53-f)o · texte numérisé non relu

Sur la diète de i6o3, v. Paul Skala, I, p. 53-f)o

2. C'étaient les seuls dont on fût sûr, et d'ailleurs sans cela « le petit troupeau catholique » ne fournirait pas assez de maîtres. Les États publièrent à la suite de l'insurrection de 1618 deux « Apologies»; la seconde, plus développée, renferme des renseignements importants sur la réaction catholique. Naturellement, il ne saurait venir à l'esprit de personne d'accepter toutes leurs déclarations, c'est du moins une pièce importante du dossier. Elle a été publiée souvent, en partieulicr dans les Historische Aktenstûcke ûber dos Stdndewesen in Œsterreich; Leipzig, 1847. ^^ ^^^'^^ ^^ Peschek, Gesch, der Gegenreformation in Bœhmen, écrit à un point de vue très protestant, est d'ailleurs consciencieux, bien étudié, et mérite encore d'être consulté, 2 vol. Dresde 1844. Cp. sur les plans de Khlesl et de Lanoy, Skala, p. 73 et 75.

impitoyablement frappés. L'Administrateur avait eu une fille d'un mariage régulier : il fut destitué, et les membres du Consistoire de Prague ne furent plus choisis que parmi ceux des curés de Prague dont on était sûr. Les cérémonies et les fêtes du culte protestant étaient interdites; les pasteurs, cités devant le conseil royal sous n'importe quel prétexte, menacés et expulsés. Sur les biens ecclésiastiques et les domaines des seigneurs catholiques, les habitants étaient mis dans l'alternative d'assister à la messe ou de vendre leurs terres. A Mlada-Boleslas, un des centres les plus importants et les plus célèbres de l'Unité, Téglise des Frères fut fermée et leurs biens confisqués. A Khomoutov, Most, Kroumlov, on refusait d'enterrer dans le cimetière consacré ceux qui mouraient sans sacrements. Les imprimeurs, mandés au Château, recevaient l'ordre de ne pas mettre leurs presses au service des Réformés. Dans les villes, on n'admettait aux fonctions municipales que des hommes hostiles aux idées nouvelles. « Tu sais mieux que personne, disait le pape à l'archevêque dans la bulle du 14 octobre 1604, ce qui a été fait en Bohême pour relever la foi catholique, en améliorant les mœurs du clergé, mais nous voulons aussi supprimer partout les hérésies. » L'archevêque, ainsi encouragé et excité, redoublait de zèle. Il réunissait en i6o5, pour la première fois depuis deux siècles, un synode national et on y traçait tout un plan pour relever le crédit des prêtres catholiques, étendre leur instruction, accroître leur influence et effrayer les Protestants. Pour obtenir un grade universitaire, exercer les fonctions de professeur, notaire, médecin, imprimeur, libraire, il fallait un certificat de foi orthodoxe '.

« I] y a beaucoup d'imagination dans les plaintes des Protestants, suivant lesquelles on les aurait traités avec rigueur depuis 1602. Qui donc aurait pu agir contre eux? » dit M. Gindely, Gesch. der bœhm. Brûder, II, p. 343. — En fait, les écrivains catholiques ont raison. Il n'y eut pas de persécution véritable, et les faits que nous relevons sont ou sans grande importance ou exceptionnels. C'est une des causes de l'indifférence que montra la masse du peuple au moment de l'insurrection. Est-ce à dire par là que le péril n'existât pas? — Le but des Catholiques, ils ne s'en cachaient pas, était la suppression de la liberté de conscience, a I^s Luthériens et les Cal-

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