LA SITUATION POLITIQUE
dents de la guerre avec les Turcs, l'affaiblissement de la santé de Rodolphe et le déclin de son autorité, les divisions de la famille impériale?
Le mot d'ordre des rebelles qui, un peu plus tard, se soulèvent contre le roi, c'est la liberté religieuse. Belle formule, a-t-on dit souvent, mais combien vaine et fausse ! Parmi tous ces révoltés, qui donc se soucie de l'Évangile et de la tolérance? — Ces accusations ne sont pas complètement justes : les chefs les plus en vue, Boudovets, Ziérotyn, ont bien réellement à cœur de mettre leurs coreligionnaires à l'abri des dangers qu'ils prévoient, et dans le gros de l'armée qu'ils entraînent, beaucoup ne se seraient jamais ralliés à l'insurrection, s'ils n'avaient été poussés à bout par des vexations, moins graves en elles-mêmes que par les tendances qu'elles révélaient.
Il n'est pas douteux d'ailleurs qu'à la question religieuse bien d'autres se mêlent et que sous les mots sonores de respect de la conscience et de liberté de la Parole de Dieu se cachent des ambitions très concrètes et des calculs tout terrestres. Il est cenain aussi que, sans qu'il soit toujours possible de distinguer ce qui se mêle chez les divers combattants de sincérité et d'hypocrisie, de conviction et de calcul, le triomphe du Protestantisme eût fatalement entraîné des conséquences qui n'auraient eu aucun rapport avec la religion.
En premier lieu, l'établissement sur les ruines de la monarchie d'un régime oligarchique. — La lutte des nobles et des rois, interrompue depuis Ferdinand, n'avait pas cessé. Si la monarchie avait pris une revanche légitime et nécessaire de ses défaites, les nobles, intimidés, n'avaient rien abdiqué de leurs prétentions, Pas plus qu'en