‹ Fin de l'indépendance bohêmeChapitre 154 sur 239 · L* ARMÉE · texte numérisé non relu

L* ARMÉE

Rakovniky un bourgeois raconte en plein tribunal que, désigné pour partir, a il pleurait et se cachait ' ». Maximilien se plaint de la difficulté avec laquelle s*opèrent les levées ordonnées par la diète : beaucoup d'employés du pays et nos propres conseillers, dit-il, ont donné le mauvais exemple ; un grand nombre sont restés chez eux; d'autres ont envoyé moins d'hommes qu'ils ne l'auraient dû, sans se soucier de l'égalité. — On ne montrera pas plus d'empressement à répondre à l'appel des chefs de l'insurrection : les hommes ne viendront pas, on n'aura pour combattants que ceux qui n'auront pu échapper à la réquisition. Et quels soldats que ces pauvres diables qui, le désespoir et la rancune au cœur, guettent l'occasion de déserter ou cherchent dans le pillage et la maraude l'oubli de leurs misères I

D'organisation militaire, pas l'ombre : les fonds votés pour l'entretien des troupes arrivent trop tard ou se perdent en route; des officiers de hasard, sans instruction et sans conscience ; en quelques jours de marche, les bataillons s'émiettent; les soldats, sans uniformes, armés à la diable, s'égarent sur les routes, se mutinent. Les qualités belliqueuses de la race n'ont pas disparu : que de glorieux combattants tchèques, que de morts héroïques dans les campagnes de Hongrie ! Mais elles sont annulées par le vice des institutions, ou plus exactement, par l'absence complète d'institutions. En 1564, l'ambassadeur Jean Michèle remarque qu'il n'y a en Bohême ni discipline ni organisation militaire ^. En 1694, lorsqu'on presse Pierre Vouk de Rosenberg d'accepter le commandement des troupes tchèques contre les Turcs, il refuse, et Tune des raisons qu'il allègue, c'est que les seigneurs et les chevaliers n'ont aucune expérience des choses de la guerre et n'obéissent pas aux chefs ^. Parmi les seigneurs eux-mêmes, les goûts sont peu militaires, ce qui vient à la fois de l'influence des Frères et du sentiment que les sacrifices exigés du royaume ne lui profi-

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