‹ Fin de l'indépendance bohêmeChapitre 158 sur 239 · Gindely, Gesch. des dreissigjœhrigen Krieges, I, p. i · texte numérisé non relu

Gindely, Gesch. des dreissigjœhrigen Krieges, I, p. i

LE COMMERCE ET l'iNDUSTRIE 387

Statistiques signalent de nouveau un recul rapide : les feux passent de cent trente et un mille en 1 667 à cent cinquante mille en 1596, pour retomber en 161 5 à cent trente-trois mille.

L'agriculture est assez florissante. Datchitsky, au moment même où il se lamente sur la misère générale, déclare que la Bohême est le grenier de l'Allemagne; mais, si l'agriculture nourrit un peuple, l'industrie et le commerce seuls l'enrichissent, et ni le commerce ni l'industrie n'ont repris l'activité qu'ils avaient au xiv« siècle.

La Bohême avait été au moyen âge un grand centre de production et de trafic. Les guerres hussites avaient interrompu les relations avec les peuples voisins, en même temps que l'expulsion de l'ancien patriciat allemand, les querelles civiques, les invasions étrangères et l'influence des doctrines ascétiques supprimaient ou ralentissaient le mouvement industriel. Le règne de Podiébrad avait été marqué par une reprise assez accentuée, bientôt arrêtée par la rupture avec le Saint-Siège, la guerre avec la Hongrie et les désordres qui remplissent Tépoque des Jagellons. Sous Ferdinand, les rapports plus étroits avec l'Empire et le rétablissement de la sécurité avaient de nouveau ramené quelque activité : malheureusement, sa bonne volonté n'était pas toujours très éclairée et les mesures qu'il édicta aboutirent souvent à des résultats opposés à ceux qu'il désiAit.

La constitution politique d'un pays implique un ensemble de principes et d'idées qui régissent la vie tout entière : sans aller jusqu'à prétendre, comme certains historiens, que les seigneurs, par une sorte de jalousie instinctive contre la richesse mobilière, s'ingéniaient à entraver les échanges et à ralentir la production par des décrets restrictifs et une absurde réglementation, il était naturel que le triomphe des théories féodales se manifestât aussi dans les lois relatives à l'industrie et au commerce. C'est le moment d'ailleurs où se formule et se précise la doctrine de la protection. Les souverains, dont l'intérêt évident est de favoriser la bourgeoisie, n'ont pas en matière économique d'autre

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