‹ Fin de l'indépendance bohêmeChapitre 160 sur 239 · LE COMMERCE ET L* INDUSTRIE · texte numérisé non relu

LE COMMERCE ET L* INDUSTRIE

enfermée dans son fromage et qui ronge tgut. » Elle finit par devenir victime de son égoïsme. « La détresse est générale : le producteur, protégé à outrance, ne trouve plus de débouchés et n'a bientôt d'autre ressource que de consommer lui-même ses produits *. » Les édits qui, sous prétexte d'empêcher l'usure, entravent le commerce de l'argent, les rigueurs vexatoires ou cruelles auxquelles sont soumis les Juifs, la procédure lente, obscure, variable, les lois oppressives achèvent de paralyser tout esprit d'initiative et de ruiner les villes. « Le peuple de Bohême n'a aucune industrie, écrit Ziérotyn en 1690, il n'aime que ce qui vient naturellement et sans effort. Je crois que, sans la fertilité extrême du pays, une panie de la population n'aurait qu'à mourir de faim : elle vit au jour le jour et ne s'inquiète que du présent. Les villes tchèques, à l'exception de Prague, ne sauraient être comparées aux cités allemandes. Au milieu seulement, une place ornée de constructions médiocres : voilà la seule curiosité qu'elles présentent. »

Le commerce n'est pas plus prospère que l'industrie. Les routes sont mauvaises; les communications, difficiles; les voyages, dangereux : pour aller de Prague à Brno, il faut huit jours. La poste ne sert guère qu'au souverain, et les seigneurs ou les villes n'ont d'autres moyens pour entretenir les communications que d'avoir des courriers paniculiers. La police est mal faite, la justice, incertaine. Les privilèges de certaines communes, les monopoles, arrêtent tout trafic : à chaque pas, des douanes, des octrois, des péages. Les lois semblent combinées en vue de décourager les négociants. Les renseignements que nous possédons sur diverses villes prouvent sans doute ici et là une cenaine activité dans les échanges, mais la plupart des affaires sont entre les mains des étrangers et en particulier des Italiens : l'italien devient la langue du commerce. Le trafic se réduit au commerce de commission.

Dans une société fondée sur le privilège et l'arbitraire,

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