‹ Fin de l'indépendance bohêmeChapitre 17 sur 239 · SUPPRESSION DES DIÈTES PROVINCIALES · texte numérisé non relu

SUPPRESSION DES DIÈTES PROVINCIALES

ces efforts se continuassent, que ces essais réussissent, et rapidement les diètes générales devenaient moins mobiles et moins malléables, plus tenaces, plus conséquentes, plus sages aussi et plus fermes à la fois, parce qu'elles s'inspireraient de l'ititérêt public et seraient bien réellement l'organe du pays légal. — Ferdinand devina le danger qu'il y avait là pour son pouvoir. Dès 1628, il défendit de réunir les assemblées provinciales sans l'autorisation du roi : à diverses reprises, les États protestèrent, mais il fut sourd à toutes les instances : c'était, répondait-il, une coutume nouvelle et qui ne servait qu'à faire perdre du temps et à ralentir l'expédition des affaires '. Lui-même ne les convoqua guère que par exception et fort rarement. Les réclamations des seigneurs se renouvelèrent, et la libre réunion des « communautés provinciales » ne cessa pas d'être un des articles essentiels de leur programme ; ils ne soutinrent pas cependant leurs revendications sur ce point avec l'inflexible énergie qui eût été nécessaire pour triompher des préventions de Ferdinand et qu'eût justifiée la gravité de la question. Ils ne comprirent pas que de la solution qui surviendrait dépendait tout l'avenir du pays; peut-être même, quelques seigneurs, inquiets de l'influence que le régime représentatif aurait rapidement assurée aux délégués des assemblées provinciales, ne virent pas sans une certaine satisfaction un changement qui rendait à la haute noblesse une prépondérance incontestée dans la direction générale des affaires. Comme d'habitude, ils sacrifièrent l'avenir à un étroit esprit d'égoïsme. La constitution des Jagellons, quelque médiocre qu'elle fût, cachait encore un germe de vie : Ferdinand l'aperçut et le détruisit. Désormais, il n'y avait plus place en Bohême que pour le despotisme ou l'anarchie oligarchique : pendant tout le xvi^ siècle, elle oscilla entre ces deux périls, jusqu'au jour de la catastrophe dernière.

Restaient les Villes qui, elles aussi, représentaient un élément démocratique, redoutables encore en dépit des luttes

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