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LE MARIAGE DE RODOLPHE

en séparant les différents états réunis par Ferdinand I", et il avait des auxiliaires très ardents dans l'Électeur palatin et dans un petit prince de l'Empire, Christian d'Anhalt. Christian, sans scrupules, d'une grande fécondité d'invention, infatigable en intrigues, gouvernait le Haut-Palatinat, ce qui lui permettait d'entretenir des relations suivies avec les ennemis de Rodolphe. Il était fort bien renseigné par ses coreligionnaires, les calvinistes lUeshazy en Hongrie, Tschernembl en Autriche, Ziérotyn en Moravie, Boudovets et Vouk de Rosenberg en Bohême. Désignés par leurs richesses, leur influence et leur ardeur religieuse à la direction de leur parti, tous ces grands seigneurs n'accueillaient pas volontiers la pensée d'une révolte et surtout ils n'en acceptaient pas avec une égale facilité les conséquences extrêmes : Ziérotyn par exemple, le cœur le plus droit peutêtre et à coup sûr l'esprit le plus remarquable de ce groupe si riche en talents et en vertus, était absolument convaincu de la nécessité de maintenir l'Autriche; tous non plus n'avaient pas les mêmes sentiments pour Rodolphe. Ces divergences apparurent dès le lendemain de la révolution et en diminuèrent le succès; pour le moment, elles se fondaient dans une commune colère. Les ambitions étrangères, les rancunes féodales, les désirs séparatistes s'unissaient dans une même volonté d'exploiter contre le roi le mécontentement à peu près universel provoqué par son misérable gouvernement et la réaction catholique qu'il encourageait.

Une insurrection parut bientôt si probable que, parmi les parents du souverain, les cupidités s'éveillèrent ; ils n'auraient peut-être pas créé le mal, mais, puisqu'il existait, la tentation était grande d'en profiter. — La vie de Rodolphe ne fut qu'une longue négociation matrimoniale. La première de ses fiancées, et celle qui occupa le plus longtemps sa fantaisie, fut la fille de Philippe II, Isabelle ; les pourparlers durèrent plus de vingt ans. La mère de Rodolphe, bonne espagnole et bonne romaine, désirait très vivement cette union; en i582, le roi d'Espagne donna son consentement

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