CHUTE DE PACHEK ET DE LEV
ville qu'il avait si longtemps gouvernée, et mourut en exil peu de temps après sa chute (i533 ').
Ferdinand, en même temps qu'il supprimait les diètes provinciales, avait ordonné que les assemblées communales ne seraient plus désormais réunies que de son consentement (i528) 2 : il n'accorda son autorisation que dans des cas nettement déterminés ^. — Les Conseillers, soustraits ainsi à la surveillance quotidienne du peuple, rappelés par le sous-chambellan au respect de l'autorité royale, n'opposèrent plus au souverain qu'une résistance timide et inquiète : l'âge héroïque de la bourgeoisie tchèque est passé, elle est dès lors à la remorque des autres Ordres, et on a quelque peine à reconnaître dans les chefs hésitants et apeurés des Villes les successeurs de ces fiers tribuns qui avaient tenu tête aux nobles et pour lesquels les bourgeois « avaient souvent plus de respect que pour le roi. » Ferdinand acheva de briser l'influence de Prague en séparant de nouveau la Vieille et la Nouvelle-Ville ; toute tentative de réunion serait à l'avenir punie de mort.
Après Pachek, ce fut le tour de Lev. Ferdinand connaissait ses intrigues avec les Bavarois ; dès qu'il fut asse^sûr du terrain, il accepta sa démission (février i53o) : depuis lors cet homme qui, pendant près d'un quart de siècle, avait dominé toute l'histoire de la Bohême, se perd dans l'oubli. La destitution de Lev, car il est impossible de voir autre chose dans cette démission acceptée, était légale, elle fut sans doute accueillie avec joie par les nombreux ennemis qu'il avait poussés à bout : elle n'en portait pas moins un coup grave aux institutions oligarchiques ; les hauts fonc-
1. C*est peut-ôtrc dans ces dernières années qu'apparaissent le mieux ses qualités d'esprit, sinon de cœur. Dès i538, le roi avait séparé les deux villes de Prague et destitué Pachek : pendant deux ans, celui-ci balance encore l'autorité royale et réussit à empêcher le retour de Hlavsa. Ferdinand, très catholique, n'avait pas hésité à soutenir les exilés^ suspects d'hérésie ; il s'agissait avant tout pour lui de faire reconnaître son pouvoir.