PROGRÈS DE LA RÉFORME
femme; Zitava, où maître Laurent Heidenreich prêche la pure parole de Dieu ; puis, un peu plus tard, très rapidement, Boudjéovitse, Tachov, Kolin, etc. K Lors de la prise d'armes des Protestants tchèques, en 1 547, cinq villes seulement ne prennent pas part à la révolte, Plzen, Boudjéovitse, Most (Briix), Ousti (Aussig) et Cheb; encore, parmi ces dernières, la plupart sont déjà fortement entamées par l'hérésie et plusieurs passent bientôt au Protestantisme ^ ; lorsque le Catholicisme ou l'Utraquisme se maintiennent, ce n'est que grâce à la vigilance des rois.
Dans les campagnes, le mouvement n'est ni moins rapide ni moins général, tout au plus est-il moins spontané et moins sincère; la part du calcul est plus grande, l'adhésion des fidèles, moins volontaire. Les seigneurs saisissent l'occasion pour soumettre plus complètement les prêtres à leur autorité ou pour usurper les bribes des domaines ecclésiastiques qui ont échappé à leur cupidité; le manque de candidats réguliers leur sert de prétexte, et ils trouvent d'excellents chapelains dans les moines fugitifs ou expulsés de leurs couvents, qui arrivent ahuris, désorientés, prêts à exécuter sans discussion tous les ordres qu'ils reçoivent. Chez quelques nobles, assez rares, l'évolution a des motifs plus purs, une piété sincère, le dégoût d'une confession formaliste et vide, un patriotisme clairvoyant; mais aucun, quel que soit le mobile de sa résolution, ne craint de dépasser ses droits en forçant ses serfs à changer de religion.
La liberté de conscience est sortie des luttes qui ont suivi
1. V. Frind, Die Kirchengesch. Bœhmens, t. IV, p. 106 et sq. M. Frind était chanoine de Prague et il n'a aucune sympathie pour les Luthériens. Il tire des faits qu'il apporte des conclusions un peu trop générales et ne tient pas surtout assez compte des circonstances au milieu desquelles grandit la Réforme tchèque. Mais son livre est digne d'attention et il est incontestable qu'on ne saurait plus aujourd'hui s'en tenir aux vagues apologies des écrivains protestants.
3. A Ousti, une des dernières villes qui se soient ralliées à la Réforme» les partisans de Luther sont si nombreux en 1 562 que les sous-chambellans ordonnent de n'admettre et de ne tolérer dans la cité aucun prêtre luthérien. Ordonnance d'ailleurs qui n'arrête pas ni môme ne ralentit le progrès de l'hérésie. Cp.Wolkan, Beitrœge ^u einer Gesch. der Reform. in Bœhmen; — I : Dos Dekanat Aussig, Prague, 1886, p. 4.