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3. Id., p. 2 1 5. 1 563. L'âge avait peut-être un peu accru la dévotion de l'Empereur.
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tantSy les Catholiques ne croyaient à une rupture irréparable et ils mettaient une extrême bonne volonté à chercher un modus vivendi. N'est-ce pas le moment où des cardinaux ne sont pas éloignés d'admettre la justification par la foi? — Quelques concessions secondaires, la suppression des abus les plus scandaleux, auraient ramené nombre de dissidents ; beaucoup d'ecclésiastiques, et non des moindres par le rang, la science qt la vertu, demandaient au pape de sauver par quelques sacrifices l'unité chrétienne. La séparation n'est définitive qu'après le concile deTrente, lorsque, sous Tinfluence des Jésuites, l'Église a repoussé tout changement, refusé aux laïques le droit de s'immiscer dans son gouvernement, défini rigoureusement le dogme et accentué les différences qui éloignent d'elle les mécontents. C'est aussi à ce moment qu'elle fait tête à la révolte, reprend la direction des âmes, anime ses partisans d'une sainte fureur et arme pour le bon combat quelques princes de l'Europe. Chez les souverains de la première partie du xvi« siècle, aucune trace de cet enthousiasme de croisés et de cette férocité impassible qui distinguent certains de leurs successeurs. Ceux même qui ne trahissent pas la papauté, hésitent longtemps, négocient, et la conviction religieuse n'est pas toujours la cause déterminante de leur mobile fidélité. — Les moyens violents leur répugnent. A Augsbourg, le margrave Georges de Jaegendorf dit à Charles-Quint qu'il portera sa tête sur l'échafaud plutôt que de renoncer à 1^ parole de Dieu : pas de têtes, cher prince, lui répond amicalement l'empereur, pas de têtes '.
Comme son frère, plus que lui même, Ferdinand était hostile à toute pensée de guerre à outrance ; la confession proposée par Mélanchton à la diète d'Augsbourg avait produit sur lui une impression très favorable. Les scrupules d'orthodoxie ne le touchaient guère, et le zèle qu'avaient étalé Pachek et Cahéra pour réconcilier les Utraquistes et la Curie ne les avait pas protégés auprès de lui.
I. Ranke, Deutsche Gesch. imZeitalter der Reformation, III, 338.
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La possession incontestée de Tautorité entraîne presque toujours chez les adeptes d'une religion une certaine indifférence dogmatique et quelque scepticisme : le péril seul et la lutte créèrent peu à peu l'intolérance et la passion, et il y fallut assez longtemps. Philippe II sera catholique avant d'être roi, Ferdinand était surtout un souverain. Seulement, il advint que la politique et l'intérêt de son pouvoir le rejetèrent toujours plus du côté de Rome.
D'abord, par affection, par devoir, par calcul, il était solidaire de son frère. En Allemagne, l'Empereur se heurtaitsans cesse aux résistances des Protestants ; qu'il s'agît des Français ou des Turcs, les Réformés lui refusaient des secours — quand ils ne conspiraient pas avec ses adversaires. L'entente des Habsbourgs avec la Curie n'était pas toujours cordiale, mais Ferdinand ne pouvait songer à rompre avec elle; il avait trop besoin de son appui moral et de ses subsides. Dans un pays où l'union du prince et du clergé n'avait jamais été sérieusement troublée, tout affaiblissement de la puissance ecclésiastique atteignait le souverain. La Réforme avait fait des progrès très rapides en Hongrie et en Autriche ; quels étaigit ses plus énergiques représentants? — Les chefs de l'opposition, lesseigneurs, qui y voyaient surtout un moyen d'accroître, leurs richesses et leur influence. La royauté n'avait certes aucun avantage à ce que les domaines ecclésiastiques fussent usurpés par les nobles ou à ce que le pouvoir qu'ils exerçaient sur leurs serfs fût encore accru par l'autorité qu'ils s'arrogeaient sur les pasteurs.
Il est donc très naturel que Ferdinand ait cherché à s'opposer à la révolution qui s'accomplissait sous ses yeux. En Bohême sa ligne de conduite était toute tracée : il userait, en religion, des procédés qui lui avaient si bien réussi en politique, il respecterait les traités en les interprétant à son profit, interdirait toute innovation suspecte. Il se plaça sur le terrain des Compactats, s'abrita derrière la Constitution, se donna comme le protecteur de la loi et de la religion nationale contre ceux qui ne gardaient de l'Utraquisme que l'étiquette. Manœuvre fort habile : non seulement, les pro-