L*ÉGLISE ET LA RÉFORME
de rÉglise et rimmutabilité du symbole? Quand deux religions sont aux prises, la victoire appartient nécessairement aux plus religieux, c'est-à-dire non pas à ceux dont la doctrine est la plus pure, mais à ceux dont la conviction est la plus absolue. Les papes avaient contre eux l'incontestable supériorité intellectuelle qu'ils possédaient sur leurs ennemis.
Le fanatisme cependant est contagieux; l'avantage qu'il procure à un parti ne saurait ainsi jamais être que passager, parce qu'il provoque une réaction dont la violence est en proportion directe des passions qu'il a mises en jeu. La foi assoupie se réveilla, dès qu'elle fut contestée. Le Catholicisme avait tenu dans le passé une trop grande place, il était trop intimement uni à l'âme des peuples, il représentait un trop noble effort de la spéculation pour être dépossédé sans coup férir. Quelques uns des abus les plus scandaleux avaient cessé du jour où une secte nouvelle avait revendiqué la direction de la Chrétienté. Surveillé, le clergé avait rompu avec ses habitudes de laisser-aller et de négligence, et peu à peu, gagnant de proche en proche, un souffle de piété et de foi avait couru dans la hiérarchie tout entière. Quand le péril est grave, un instinct de conservation appelle aux postes éminents les plus intrépides et les plus ardents au combat. Sur le trône pontifical, les théologiens remplacèrent les humanistes, et les beaux esprits eurent pour successeurs des ascètes. Les soldats, mieux dirigés, coururent à la mêlée avec plus d'impétuosité, et leur courage à son tour ne toléra plus chez leurs généraux de faiblesse ou de transaction. Il s'établit entre tous les représentants de l'Église cette série d'actions et de réactions, qui se produisent toutes les fois qu'une nation, un parti ou une religion sont engagés dans une guerre de vie ou de mon; tous les combattants furent emportés d'un même élan irrésistible.
Entraînée par la masse des croyants et les entraînant, la Papauté reprit une vigoureuse offensive, et quelques années suffirent pour modifier radicalement la situation. Au Con-