MORT DE FERDINAND
qui s'amassait devant leurs maisons et les poursuivait de ses vociférations. Le scandale fut plus grand encore quand leur professeur de théologie, Wolfgang, déclara hérétiques tous ceux qui regardaient la communion sous les deux espèces comme nécessaire au salut. Les exaltés ne parlaient de rien moins que de le mettre à mort ; on ne les décida pas sans peine à se contenter de porter plainte auprès de l'archiduc; il est vrai que c'était enterrer Tafifaire.
Les dix premières années s'écoulèrent dans ces luttes ingrates. Quelques dizaines de conversions douteuses constituaient le plus clair des bénéfices. Ferdinand I" avait reconnu aux Jésuites le droit de conférer les grades universitaires (i562), et Grégoire XIII étendit plus tard ce privilège à tous leurs collèges (iSyi), mais, pour le moment, ils n'avaient encore qu'une cinquantaine d'élèves, et les candidats ne se présentaient pas. — Ils ne s'affligeaient pas de cette situation, et ils avaient raison : ils avaient pris pied dans le pays, s'y étaient créé des amitiés puissantes, avaient reconnu le terrain; les recrues leur arrivaient, leurs bataillons se complétaient, s'amélioraient aussi ; qu'une circonstance favorable se présentât, ils seraient prêts, et, si elle tardait trop, ils trouveraient bien moyen de la faire naître. En religion comme en politique, l'œuvre de préparation, la seule possible à ce moment, avançait peu à peu. Ferdinand avait accompli sa tâche; ce serait à ses successeurs d'utiliser les forces qu'il leur léguait.
Depuis quelque temps, il s'affaiblissait; sa santé, jusqu'alors excellente, s'était altérée vers 1 56o : il souffrait de la pierre, était affaibli par des accès de fièvre '. Le jeudi saint i564, il voulut, pour obéir à la tradition, laveries pieds des pauvres, il fut pris d'un étourdissement. Les médecins essayèrent de lui cacher la vérité, mais sans le convaincre. Il traîna encore quelques mois et mourut le 25 juillet 1564.
i. Rapport de Giacomo Soranzo, Fiedier, p. 21 5»