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ce. débitrice envers nos nationaux. Indépendamment de
la rente 5 %, nous possédons de la rente 3 %, des obligations pontificales, des obligations des chemins de fer sardes, méridionaux, etc. D'après les remises faites par le gouvernement italien aux maisons de banque françaises chargées d'effectuer ces payements divers pour son compte, on peut approximativement évaluer l'importance des capitaux que nous avons placés sur les fonds italiens ou garantis par le gouvernement italien. Pendant l'exercice 1895-1896, les remises de fonds adressées aux maisons de banque par le gouvernement italien se sont élevées aux chiffres suivants :
de francs
MM. de Rothschild frères 52.7
Crédit industriel et commercial 2.4
Société générale 1,4
Crédit lyonnais 8
Banque de Paris 2
Comptoir national d'escompte dé Paris. 1
Total 57.6
Le montant total des payements faits à l'étranger ayant été de 111,867,646 lires, la part payée en France représente plus de 50 %.
Avec une capitalisation de 4 1/2 %, les 57 millions 6 de rentes diverses italiennes se trouvant en France représenteraient en chiffres ronds 1,280 millions. Avec une capitalisation de 4 %, elles fourniraient un total de 1,440 millions.
Si l'on prend comme base d'évaluation le rendement actuel de la rente italienne qui est de 4,34 % environ d'après le cours de 92 francs, les 57 millions 6 de rentes et valeurs italiennes diverses qui se trouveraient en France, formeraient un capital de 1,327 millions. Nous ne croyons pas que ces chiffres s'éloignent beaucoup de la vérité. En déduisant les sommes approximatives qui peuvent appartenir à des étrangers et celles comprises pour des amortissements, soit environ 300 millions, nous posséderions, en France, un capital minimum de 1 milliard en valeurs et fonds italiens.
En 1893, nous estimions que la France possédait 1 milliard à 1,500 millions de titres italiens. En tenant compte de la diminution des remises effectuées en France, depuis cette époque, par le gouvernement italien pour le payement de ses diverses dettes, notre évaluation actuelle est vraisemblable.
Notre stock de litres italiens est en voie de diminution sensible.
1 milliard à 1 milliard )i de valeurs italiennes en France.
Il n'est pas sans intérêt d'indiquer les fluctuations les plus importantes subies par les fonds italiens :
Depuis 1861, le plus haut cours de la rente italienne 5 % a été de 102 fr. 75 en 1886 ; le plus bas cours, celui de 35 fr. 90 en 1866.
Le 3 % italien a valu au plus haut 71 fr. 40 en 1886 et au plus bas 25 francs en 1861.
Les obligations Victor-Emmanuel 1863 ont valu 356 fr. au plus haut en 1886 et 65 francs au plus bas en 1888.
Les emprunts pontificaux 1860-1864 et 1866 ont valu 102 francs au plus haut en 1886 ; le 1860-1864 a fait 62 fr.
Cours comparés des fonds italiens.
Amitié française favorable aux inlérêts financiers de l'Italie.
au plus bas en 1866 ; l'emprunt 1866 a fait au plus bas 61 francs en 1866.
Pendant les années 1870-71 la rente italienne a varié comme prix extrêmes, de 42 fr. 50 en 1870 à 69 fr. 75 au plus haut en 1871. En 1882, pendant l'année du krack, le plus haut cours fut de 91 fr. 50 et le plus bas de 84.
Le point culminant des fonds italiens a été l'année 1886. Depuis, la politique extérieure de l'Italie, son entrée dans la triple alliance, ses expéditions lointaines ont' causé de grands troubles dans son crédit et ses finances. Nous pouvons répéter aujourd'hui ce que nous écrivions en 1889 :
Tant que l'Italie est restée l'amie fidèle de la France, son crédit s'est amélioré, ses fonds ont haussé, son commerce a augmenté ; à partir du jour où, écoutant les suggestions allemandes, elle a oublié notre pays qui l'a aidée à conquérir son indépendance, son crédit a été atteint, son commerce et son développement économique et industriel ont subi un temps d'arrêt. Voilà ce que disent les chiffres.
Aujourd'hui, un apaisement s'est fait dans les relations politiques entre les deux pays. Nous désirons qu'il continue et qu'il fasse place à la franche amitié qui régnait autrefois entre les deux nations. Ce jour-là, le crédit de l'Italie, sa situation commerciale et fmancière ne tarderaient pas à se relever promptement : les difficultés que ce pays a éprouvées depuis qu'il est entré dans la triple alliance seraient bien vite oubliées et effacées.