‹ Finances contemporaines (volume 2)Chapitre 160 sur 229 · PAYEMENTS · texte numérisé non relu

PAYEMENTS

faits

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en 1891»

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Consolides 4 % (1", 2«, 3* émiss.).

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Totaux

Ainsi, rien !que sur ces dix catégories d'emprunts russes, les plus connus, qui représentent un capital do ') à 0 milliards do francs, sur uho annuité globale iiui

7 à8 milliards de valeurs russes en France.

exige 212 millions, il est payé, en France, 145 millions, c'est-à-dire 08,91 %. En d'autres termes, et en chiffres ronds, sur 100 francs que la Russie doit payer, en intérêts, aux porteurs des titres de ces dix emprunts, il est payé près de 70 francs aux rentiers français ; c'estràdire encore que sur les 5 à 6 milliards qui représentent les seuls emprunts désignés ci-dessus, nous en possédons, en France, un capital de 3 milliards et demi à 4 milliards.

En bornant nos évaluations à ces seuls emprunts, sans parler des autres titres russes que possède la France, titres d'Etat, obligations de chemins de fer, de villes, foncières, valeurs industrielles, on voit que le chiffre de 7 à 8 milliards auquel nous évaluons le mon tant de nos placements en titres divers russes doit se rapprocher sensiblement de la réalité.

Les dépôts de fonds russes à la Banque de Fran-

Pour terminer cette statistique, ajoutons que la Banque de France possédait en dépôt, dans ses caisses, au 31 décembre 1899, près de 31 millions de francs de rente de divers titres russes. La progression du nombre de dépôts dans les caisses de la Banque de France est curieuse à suivre, depuis 1895, époque à laquelle ce service, gratuit pour les déposants, a commencé à fonctionner.

Dépôts de titres russes exprimés en francs de rente

millions (le franc»

31 août 1895 3.6

24 décembre 1895 '. . . 9.2

30 juin 1896 14.7

31 décembre 1896 : 18.9

30 juin 1897 21.9

31 décembre 1897 24. l

30 juin 1898... : 26.3

31 décembre 189S 28.0

30 juin 1899 29.3

31 décembre 1899 30.5

Aux chiffres des dépôts faits à la Banque, il faudrait ajouter le mouvement général et le montant total drs titres russes, de catégories diverses, qui se trouvent lans les caisses de nos autres grands établissements linanciers : Crédit lyonnais. Comptoir national d'escompte. Crédit foncier, Société générale, Crédit indusliiel et commercial, etc., banques et sociétés particulières ; il faudrait évaluer aussi ceux que détiennent les l)orteurs de titres qui conser\^ent leurs valeurs chez eux, ou qui les déposent à Tétranger, — et le nombre en est assez grand, — sans parler des valeurs déposées <lans des coffres-forts en location, et qui échappent à. tout recensement de la statistique.

La France ost^ on le voit, créancière de la Russie, f,.,lni'," **{rJ^çàrs pour des capitaux énormes : 7 à 8 milliards de francs. «^vaUMiis ms Rien que pendant la période qui s^écoule de 1884 à 1898, )o montant des titres russes timbrés à Paris représente un capital nominal de 5,821,981,009 francs (1). Sur 20 à •J5 milliards de valeurs et fonds étrangers que nous possédons, plus de 30 % au moins sont constitués en titres russes. Sur Tensemble des valeurs mobilières que possèdent nos capitalistes français, 80 à 85 milliards, près de 10 % sont constitués en valeurs russes.

Ces chiffres s'appuient sur des documents certains. Xous les avions établis, à diverses reprises, dans nos statistiques et travaux antérieurs : ils se trouvent aujourd'hui confirmés par les documents précieux que le Bulletin russe de statistique [inancière et de législation a recueillis en suivant la méthode et le cadre que nous avions indiqués à Tlnstitut int^Tuational de statistique.

Nous n'avons pas à regretter, chez nous, d'avoir aidé par nos capitaux au développement du crédit de notre

(1) Maurice Jobit, Rt^gime fUeal des valeurs mobilières étrangères en France (1900).

Résultats }rén«.'ralement satisfaisants d«> ces placements.

Accords coinniei'»:iaux nécessaires.

puissante alliée, la Russie. Tous les fonds d'Etat russes auxquels nos rentiers se sont intéressés ont très régulièrement payé des intérêts rémunérateurs et sont tous, ou presque tous, plus haut cotés que leur prix d'émission. Sur les valeurs industrielles, à revenu variable, les résultats n'ont pas été aussi satisfaisants. Si quelques sociétés sont en pleine prospérité, d'autres, au contraire, ont subi de nombreuses déceptions. Elles ont à lutter, entre autres diflicultés, contre le prix et la rareté de la main-d'œuvre et, surtout, contre les impôts et les taxes douanières.

Quoi qu'il en soit, la Russie est un grand et riche pays, ayant des ressources variées, mais par cela même ayant toujours besoin de gros capitaux pour mettre en valeur les richesses de son sol et donner à son commerce et à son industrie toute l'expansion désirable.

Ce qui ressort de cette statistique, c'est que la France n'a pas ménagé son concours financier à sa puissante et fidèle alliée, car dans aucun pays du monde les valeurs russes ne sont aussi répandues que chez nous. Nous lui en fournirons de plus nombreux encore, le jour où les relations commerciales entre les deux pays, établies sous un régime plus libéral facilitant l'entrée -en Russie des produits commerciaux français deviendraient plus étendues.

Le commerce d'exportation françai.s en Russie n'est pas ce qu'il devrait être si on le compare à celui de l'Allemagne et de l'Angleterre. ï^es exportations d'Allemagne en Russie ont été, en 1898. de 523 millions ; celles d'Angleterre, de 296 millions ; les nôtres ont été seulement de 70 millions. Cette situation devrait facilement s'améliorer par un accord commercial équitable.

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