DÉPOTS A VUE
JUILLET
millions de francs
JUILLET
millions do francs
Situatfon fa- VOTable fi uni que.
La petite épargne l'ait défaut à l'Angleterre et à l'Allemagne.
. La situîition de nos grands établissements de crédit qui reçoivent des fonds en dépôt et les emploient aussi avantageusement qu'ils le peuvent et avec la plus sévère prudence, est donc forte et saine. Nous pouvons ajouter que, sur aucun marché du monde, on ne trouverait, en ce moment, une telle abondance de ressources, une clientèle aussi nombreuse de petits éparg^heurs, pas même aux Etats-Unis qui, après avoir autrefois demandé à l'Europe les capitaux nécessaires à son outillage actuel, ont ouvert cette année leur crédit et leurs marchés à la riche Angleterre et à l'exubérante Allemagne.
Il y a peu de temps, l'Angleterre, pour son dernier emprunt en bons de l'Echiquier, s'est adressée à New- York pour en placer une grande partie : dans ces derniers quinze jours, rAlîemagne, au grand étonnement et mécontentement des Allemands eux-mêmes, qui semblent froissés de voir que, pour une « misérable » somme de 100 millions, leur pays devienne tributaire de l'étranger, s'adressa en Amérique, par l'entremise de banques américaines, pour placer 80 millions de marks, c'est-à-dirè 100 millions de francs. Cette émis-, sion fut immédiatement couverte par les demandes des banques et compagnies d'assurances.
Ce qui manque aux Anglais et aux Allemands c'est la petite épargne, qui, au moment voulu, sort de son
« bas de laine » ses écus et ses billets de banque et sous- <Tit aux emprunts nationaux. Uelte clientèle existe-trelle lUX Etats-Unis ? Nous en doutons. Le petit rentier amé- . aux Eiats-ums
'^ également.
ricain, le petit capitaliste yankee que nous nous flgu* ions peut-être exister de New-York à San-Francisco ou lepuis l'Alaska jusqu'à la Nouvelle-Orléans, est encore, I riieure actuelle, à l'état embryonnaire. L'Amérique possède de puissantes sociétés composées d'opulents actionnaires, disposant de grosses fortunes et de riches riipitalistes : mais ces derniers ne font pas comme nos petits rentiers, ils n'emmagasinent pas un litre pour se liorner à en détacher les coupons ; ils se préoccupent iirtoul de la plus value à réaliser. Aussi, quand les luprunts anglais et allemands donneront aux gros < îipitalisles américains des béDéhces qu'ils jugeront sufllsants, on peut être certain qu'ils ne s'attarderont pas à les conserver : il faudra que tôt ou tard, la <lrande-Bretagne et l'AUemagne reprennent et absorbent les titres que, dans un moment de gêne, ellef^ ont ainsi négociés pour se procurer des ressources pres- H'es.
Dans le cours de cette année, nos rentiers français , placements er-
foctucs par 1 1-
ont continué leurs placements habituels : ils ont acheté porgne. • M bourse ou souscrit aux guichets des compagnies, comme d'habitude, des millions d'obligations de chemins de fer et du Crédit foncier, des litres de rentes ; ils ont souscrit à l'augmentation du capital de la Société générale de 120 h 160 millions, ù celle du Comptoir national d'escompte de 100 à 150 millions; à celle du «Crédit lyonnais, de 200 à 250 millions; à celle du Crédit industriel et commercial, de 60 à 80 millions. Ils ont absorbé, il y a trois mois, 50 millions d'obligations* Lombards 4 % ; ils viennent, en quelques jours, d'acheter pour pareille somme d'obligations de chemins autrichiens 4 %; entre temps, ils ont participé, avec un
Lourdes charges fiscales.
Recelte des cbemins de fer.
Compte courant du Trésor à la Banque.
eng-ouement peut-être excessif mais qui est dans leur caractère, à la création ou au développement d'une quantité d'entreprises de transports électriques, métropolitain, tramways, etc. Le capital nominal de diverses valeurs de cette nature, admises à la cote depuis 1 ^ commencement de cette année, atteint une centaine de mil lions et 123 à 150 millions au cours de la bourse. Nos commerçants et nos industriels ont dépensé des sommes considérables pour mettre leurs produits on évidence à l'exposition universelle, ils ont semé dans l'espoir de récolter ; d'autres, croyant faire d'exci'llents placements comme les rentiers de 1889 qui avaient acheté de la tour Eiffel, ont perdu un certain nombre de millions en s'intéressant dans des entreprises dites « attractions » dont la plupart, nous l'avons dit, dès le premier jour, n'étaient pas viables ; en même temps, capitalistes, rentiers, commerçants, contribuables payent sans fléchir, et par anticipation, à l'Etat, aux départements et aux communes, plus de 4 milliards d'impôts, c'est-àdire la charge la plus lourde qu'aucun autre peuple ne supporte.
Malgré cet énorme fardeau, les recettes budgétaires sont en augmentation sensible et sur les prévisions et sur les chiffres comparés de l'année précédente.
Les recettes de chemins de fer sont en accroissement de plus de 65 millions.
Le compte courant du Trésor à la Banque de France qui est, en réalité, la pierre de touche des ressources immédiates de l'Etat, malgré les millions que la guerre .de Chine a coûtés et coûte chaque jour, magré les millions qui ont été volontairement remboursés aux gros déposants des caisses d'épargne pour ramener le montant de leurs dépôts à un chiffre inférieur à 2,000 francs, malgré les dépenses de toute nature nécessitées sans cesse pour les armements de la guerre et de la marine, — ce co-mpte courant, disons-nous, s'élevait au 27 septembre à 349 millions, en augmentation de près de"
100 millions sur l'an dernier ; de 20 millions sur 1898 ; de 70 millions sur 1897 ; de 45 millions sur 1896.
L'encaisse-or de la Banque de France, qui s'élevait au de^aïanque' "*'' • lébut de cette année à 1 milliard 865 millions et fin mars, à la veille de l'ouverture de l'exposition, à 1 milliard 943 millions, dépasse 2 milliards 290 millions, au t octobre, et atteint, avec le métal-argent, 3 milliards 416 millions : c'est un chiffre formidable que les encaisses réunies des Banques d'Angleterre, d'Aile* magne, d'Autriche-Hongrie, d'Italie et autres petits Etats européens arrivent à peine à égaler. A fô3 millions près, l'encaisse métallique de la Banque de France est égale à sa circulation de billets. Cette situation est exceptionnellement brillante ; elle peut nous permettre d'envisager avec calme les embarras monétaires et financiers des autres pays ; elle montre que nous n'avons aucun souci à avoir des quelques exportations de numéraire que pourrait peuUêtre rendre nécessaire I insuffisance de la récolte des céréales.
Ressources de l'épargne extrêmement abondantes, situation o. plus de 2 milliards n'attendant que Toccasion de se pla- ?îuè4meni*S*iî^ ccr, trésor public bien pourvu, situation monétaire et "*' fiduciaire hors de pair, marché financier dégagé d'engagements exagérés, situation budgétaire excellente, rentrée des impôts en excédent et par anticipation, telle est, en quelques mots et en quelques chiffres, la situation envisagée au point de vue économique et financier. Elle montre qu'on doit avoir confiance dans l'avenir et la sécurité de nos finances ; elle affirme la vitalité de notre pays ; nulle part ailleurs on ne pourrait en montrer une semblable. Elle permet de dire aussi que le jour où les affaires de Chine seront terminées, pour peu que la politique intérieure et extérieure fasse trêve, le marché financier n'aura jamais eu autant d'éléments pour entreprendre une grande campagne d'affaires.
Pour compléter cette étude, nous croyons devoir donner un tableau comparatif des bilans de la Banque de France de 1885 à 1900, ainsi que de ceux des principaux établissements de crédit à la date du 31 juillet, pour les mêmes années 1885 à 1900.
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Résultats en mitions de francs
NATURE des