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LES CAPITAUX ET L'ÉPARGNE EN FRANCE

A la fin de juillet 1900, d'après les derniers bilans publiés, les capitaux appartenant au public, déposés tant à la Banque de France que dans les principaux «'tablisseinents de crédit, remboursables à vue, se contentant d'un minime intérêt et même ne recevant aucune rémunération, comme ceux déposés à la Banque (le France, s'élevaient à 1,705 millions. C'est le chiffre le plus élevé qui, croyons-nous, ait encore été atteint.

Dans ces mêmes établissements, les capitaux rem- Bépou? à tu( boursables à vue, sans compter ceux déposés à long semtiti li^^crl terme, s'élevaient à la fin de juillet^ en 1897 à 1 mil- '"** liard 550 millions 2 ; en 1898 à 1,594 millions 2 ; en 1899 à 1,569 millions 9.

Depuis l'année dernière, l'accroissement n'est pas moindre de 136 millions.

Voici, pour chacun de ces établissements, le relevé que nous avons établi :

ÉTABLISSEMENTS

ItattqHe df Fraii

Comptes I Paris

courants. ( succursales

Crédit foncier DèpùtM el comptes courants

Comptoir national d'escompte Dépôts à vue

Crédit lyonnais Dépôts à vue

Société générale Dépôts à vue

Crédit industriel et commercial Dépôts à vue ,

Totaux. .

millions de fraoci

Hi.9

Nous avons pris comme termes de comparaison, pour ce relevé comparatif, los bilans au 31 juillet auxquels nous avons Thabitude de nous référer dans nos statistiques : les mêmes relevés établis fin août et fin septembre ne s'éloignent pas sensiblement de ces résultats qui montrent l'abondance énorme de l'épargne française.

A ces chiffres importants, il faudrait ajouter : Autres dépits. {o Lgg capitaux déposés dans les autres banques de Paris et des déparlements, qui ne publient pas de bilans mensuels ; Capitaux (lis- 2** Ccux quc le public a l'habitude de détenir toumains de lours jours dispouiblcs daus ses propres caisses, pour faire i. b. SS.U.. face à des besoins imprévus ou à des emplois pressés. On sait que, par habitude de prudence, le capitaliste français ne place pas, suivant un vieux dicton, « tous ses œufs dans le môme panier ». Il met des titres divers en portefeuille, varie ses placements, laisse une partie de ses capitaux en dépôt dans plusieurs sociétés, mais conserve toujours, chez lui, une réserve disponible on espèces et en billets de banque.

Nous pouvons donc démontrer, en toute assurance,

que les capitaux appartenant à l'épargne, déposés dans

les grands établissements financiers, sans parler des

4 milliards des caisses d'épargne, représentés par des

Les ressources tïtrcs dc rcutcs sur l'Etat, dépasscut, à l'heure actuelle,

mWi'aX^"''^' 2 milliards.

Ces capitaux On uc Dcut dire assurément que ces ressources abon-

sont utilisés par , , . , , . ,, i ^.•^• '

leursdétenteurs. dantcs soicut sans cmploi. Car elles sont utilisées par les banques qui les reçoivent en dépôt. Il est clair, comme nous l'avons fait maintes fois observer, que les banques et sociétés de crédit, de même les caisses d'épargne qui acceptent des versements du public, ne

reçoivent pas des capitaux uniquement pour avoir le -ouci de les conserver, de les tenir, au premier signe, i la disposition des déposants et de leur payer, par -urcroîl, un intérêt. Pour se couvrir de leurs frais et trouver, à leur tour, une rémunération convenable, elles sont obligées de les faire fructifier. Elles emploient les capitaux qui leur sont déposés en escompte de papier commercial, en reports, en avances sur titres, m participations diverses : elles ont soin de faire leurs ^

placements de telle sorte qu'elles puissent toujours les réaliser presque instantanément pour faire face aux demandes de remboursement.

11 en est de même des caisses d'épargne. Ces institu- !• en ««i ,^i«

» .° même dans les

lions si utiles, si nécessaires, ne reçoivent pas de 1 ar- caisses : ciépargent uniquement pour le mettre dans une caisse et le ^"*^' rembourser avec des intérêts. Le public sait fort bien <|ue les caisses d'épargne, avec les fonds qui leur sont versés, achètent des rentes sur l'Etat : l'intérêt qu'elles payent à leurs déposants est prélevé sur les arrérages qu'elles perçoivent elles-mêmes sur leurs titres de rente ; elles en déduisent seulement leurs frais d'admiiiistration.

Envisagée au triple point de vue de leurs dépôts, de , suuaiion des

^ t- t' .,,.»» établissements

leur portefeuille et de leurs ressources mimédiatement de crédit. réalisables, la situation de nos grands établissements • le crédit est excellente. Fin juillet, le portefeuille du Comptoir national d'escompte, du Créilit lyonnais, de la Société générale, du Crédit industriel et commercial, sans parler des autres chapitres de l'actif, tels que les espèces en caisse et dans les banques, les reports, le portefeuille des valeurs mobilières, les avances sur titres, etc., s'élevait à 1 milliard 437 millions, alors que le montant des dépôts à vue, comme on peut en juger, s'élevait à 1 milliard 95 millions. De plus, k cette même date, les encaisses or, argent, billets de banque, de ces grands élablissements, dépassaient 200 millions. Voici le relevé du portefeuille commercial et des dépôts à vue (în juillet 1899 et î\n juillet 1900 :

Lrur purto»

feuille connnercial. Les dépôts»

vu«.

ÉTABLISSEMENTS

Comptoir national (Pcsconipte. .. .

Crédit lyonnais

SociiUé générale

Crédit industriel et conimerpial..

POKnF£llLLE CONIERCIAL

JUILLET

millions de francs

JUILLET

millions de franis

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