‹ Finances contemporaines (volume 2)Chapitre 175 sur 229 · Le» deux emprunts russe et japonais · texte numérisé non relu

Le» deux emprunts russe et japonais

II f livres fonciers. — Les voies et moyens d'une

, .. . - réforme.

onséquences économiques de la (juerre russo-japonaise.

questions économiques et financières de i90i-i904.

14. — Cours des principales valeurs mobilières à lajln de chacune des années 190i à 1904.

IL Y A TKKNTE ANS.

l' KM pur M 5 lu I>E i MILLIARDS

Le 6 juin 1871, le ministre des finances déposait à eoisti. l'Assemblée nationale un projet de loi autorisant le prSm^dépo^é"h! .c:ouvcTnement à contracter un emprunt pouvant s'éle- ^^i"'*»*®^*- \er à 2 milliards 500 millions, destinés à payer 2 milliards au gouvernement allemand et à combler le déficit probable de 1870-1871.

Le 12 juin, la commission du budget se réunissait à Versailles. Les propositions du ministre des finances étaient approuvées ii l'unanimité, moins une voix. M. Casimir-Périer était nommé rapporteur.

Le 20 juin, avait lieu la discussion du projet d'emprunt. Ce projet était voté à l'unanimité de 551 votants.

ï^ 21 juin, la loi était promulguée : elle décidait un ^i^^i promulguée emprunt de 2 milliards nominal dont l'importance léelle devait être de 2,225,999,0'i5 francs. Cet emprunt se réaliserait en rentes 5 %, émises à 82 fr. 50 payables en 16 termes, dont 12 francs par 5 francs de rentes en souscrivant, comme versement de garantie.

Le 27 juin, la souscription fut ouverte et close. La effmuéeSe'*f7°" (imme demandée par le public s'éleva à 4 milliards ',)iO millions dont 2 milliards 475 millions pour Paris, 1 milliard 200 millions pour les départements et 1 milliard 100 millions pour l'étranger.

Pendant la souscription, le 5 % se négocia à 83 fr. 15 au plus haut, à 83 francs au plus bas.

bourso ''"" ''*^ ^^ ^^ ^^ j"^"' lendemain de la souscription, le 5 % taisait 84 francs, soit 1 fr. 50 de prime. Voici quelques cours colés à la bourse de ce jour :

fi'- <•• fr. c.

3 ;'o 5i 65 Obligation Nord 31:2 50

5 % italifii 57 9o — Orléans 307 50

Nord 97i 50 — Midi 300 00

Est 435 00 — Ouest 297 50

LyoQ 845 00 — l.yon «98 75

Midi 625 00 — Ksi rJ8i 50

Orléan 790 »)0 — fonc. i " 460 00

Oucsl 515 00 6 % américain 102 75

Gar 712 50 3 'V, Extérieur 32 00

Suez 217 50 5 ''o turc 47 00

Autrichiens 867 50 Consolidés anglais 91 50

Ville de Paris 18t>i 271 00

mil

rciai™**'^ Le 29 juin 1871, l'escompte commercial était à 6 % et à 6 1/2 sur avances sur titres, à la Banque de France, et à 2 1/4 seulement en Angleterre. Le taux moyen de Tescompte avait été, en 1871, de 5,71 % en France, 3,39 % en Angleterre, 4,13 % en Prusse, 5,51 % en Autriche, 5 % en Italie, 3,28 % en Hollande, 4,08 % en Belgique. laBan^j'r^ *'*' Qw^lques jours avant l'emprunt, rencaisse dn la Banque de France était, le 13 juin. <io 732 millions.

Situation du \\ y a trcutc ans, en juin 1871, tout était à reconsti-

Tresor : un avoir •■ •> j ^

do 500.000 francs, tucr à la fois i frontlèrcs, armée, crédit, administration. Les caisses du Trésor étaient à sec. Quand M. Pouyer- Quertier fut nommé ministre des finances le 25 février 1871 et accepta, par patriotisme, cette charge dont la responsabilité effrayait les âmes les plus fermes et dont il s'acquitta avec tant d'honneur, il fit appeler le directeur du mouvement général des fonds et lui demanda quelle était rencaisse du Trésor. — 500,000 fr.! telle fui la réponse. — Et il fallait payer 5 milUards et demi à FAllemagne, 7 à 8 milliards de frais divers ! Le tiers du territoire était envahi, les services étaient désorganisés, les recettes compromises, l'administration désagrégée, les caisses vides.

Aujourd'hui, les renies sur l'Etat sont en haut de l'étiage des fonds du monde entier. Avant la guerre de 1870, il avait toujours 15 à 20 points d'écart entre les rentes anglaises et françaises : en 1871, le 3 % consolidé anglais valait 91 à 92, soit 10 francs plus cher que notre rente 5 % ; aujourd'hui, notre 3 % est au-dessus du pair et les consolidés 2 3/4 sont 5 francs au-dessous! I.es fonds allemands 3 % sont à 87 et 88 ; c'estrà-dire 12

' 13 francs au-dessous des nôtres ; c'est-à-dire que le cdit de la nation vaincue est plus haut coté que celui

le la nation victorieuse.

L'escompte, à la Banque de France, est plus bas que

lins nul autre pays; nulle part, non plus, on ne trouve des capitaux aussi nombreux. L'encaisse-or de fa Banque de France dépasse 2 milliards et demi ; rencaisse totale, 3 milliards 700 millions.

La différence entre hier et aujourd'hui peut se résumer en quelques mots : Nos forces militaires reconstiluées, l'instruction publiciu*» mise à la portée de tous, le développement de nos voies ferrées assuré, les revenus permanents de l'Etat suffisant à ses dépenses, lamortissement relevé, le crédit public honoré dans le monde entier et n'ayant jamais brillé d'un aussi vif éclat, les impôts, malgré leur énorme accroissement, se [•ayant par anticipation ; la France commanditant tous les pays étrangers, tels sont les résultats d'une longue série d'efforts continus et, comme le disait M. Bouvier, ministre des finances, dans Texposé des motifs du budget de 1893, « la nation tout entière semble avoir puisé dans ses malheurs immérités comme un accroissement

les. qualités de labeur, d'ordre, d'épargne, qui ont fait Il grandeur et la force de notre race ».

Aujuuitl'luii.

Lo cours (lc^ rentes.

iin|it<

Page 1